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Full text of "ELEVAGE DU MOUTON DANS LES PROVINCES ATLANTIQUES"

ÉLEVAGE DU MOUTON 

DANS LES 

PROVINCES ATLANTIQUES 



PUBLICATION 1610 



1978 











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Agriculture 
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PUBLICATION FEDERALE/PROVINCIALE 




CANADA 



fLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD 
NOUVEAU-BRUNSWICK 
NOUVELLE-ECOSSE 
TERRE-NEUVE 



ÉLEVAGE DU MOUTON DANS LES 
PROVINCES ATLANTIQUES 

Comité de rédaction 

FA. Stewart, (président) division du bétail, ministère de 

l'Agriculture du Canarda, Moncton. 

R.J Curtis, ministère de l'Agriculture et du développement 

rural du Nouveau-Brunswick. 

MM Greening, ministère des Forêts et de l'agriculture de 

Terre-Neuve 

W.G Mathewson, collège d'Agriculture de la Nouvelle-Ecosse 

R. Perrin, ministère de l'Agriculture et des forêts de l'lle-du- 

Prince-Édouard 

PB Stead, ministère de l'Agriculture et de la mise en marché 

de la Nouvelle-Ecosse. 

J.WG Nicholson, ministère de l'Agriculture du Canada à 

Fredencton, Nouveau-Brunswick. 

James Adams, collège d Agriculture de la Nouvelle-Ecosse. 

L.B. Nettleton, vétérinaire de Truro, Nouvelle-Ecosse. 



Cette publication a été préparée par un sous- 
comité du comité de l'élevage des provinces 
Atlantiques. Le ministère de l'Agriculture du 
Canada a accepté de la publier conformément 
aux dispositions du Comité de coordination 
des publications agricoles sur le plan fédéral- 
provincial et régional. 



MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE DU CANADA 

PUBLICATION 1610 

1978 



On peut obtenir des exemplaires de cette publication aux 

SERVICES D'INFORMATION 

MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE DU CANADA 

OTTAWA 

K1A0C7 

©MINISTRE DESAPPROVISIONNEMENTS ET SERVICES CANADA 1978 

Cette publication a été préparée par un sous- 
comité du comité de l'élevage des provinces At- 
lantiques. Le ministère de l'Agriculture du Canada 
a accepté de la publier conformément aux disposi- 
tions du Comité de coordination des publications 
agricoles sur le plan fédéral-provincial et régional. 

4M-4:78 

N° decat: A63-1 610/ 1 977F 

ISBN: 0-662-01174-0 



TABLE DES MATIERES 



INTRODUCTION 5 

CONSTITUTION D'UN TROUPEAU 5 

Sélection des brebis 6 

Sélection des béliers 7 

Fiche de contrôle des aptitutes 7 

RACES 8 

Suffolk 8 

Hampshire 8 

Oxford 9 

Corriedale 9 

Dorset 10 

North Country Cheviot 10 

Leicester 10 

Scottish Blackf ace 11 

Shropshire 11 

Finish Landrace (Finnoise) 1 2 

Clun Forest 12 

ÉLEVAGE 12 

Brebis 12 

Bélier 13 

Hérétabilité 13 

Méthodes d élevage 14 

NUTRITION 15 

Programme fourrager 1 6 

Troupeau d'élevage 16 

Élevage des agneaux au lait de remplacement 18 

Élevage des agneaux de marché 18 

Agnelles de remplacement 18 

Vitamines et minéraux 19 

Eau 19 

BÂTIMENTS ET ÉQUIPEMENT 19 

Aménagement 20 

Structures 20 

Environnement 21 

Planchers 2 2 

Entreposage 22 

Équipement 2 2 

Nourrisseurs 22 

Abreuvoirs 2 6 

Enclos d'agnelage 2 6 

Mangeoires dérobées 26 

INSTALLATIONS DE MANUTENTION 2 6 

HYGIÈNE DU TROUPEAU 28 

Causes de pertes d'agneaux durant les 1 5 premiers jours 2 8 

Agneaux morts-nés 2 8 

Inanition 28 

Refroidissement 28 

Insuffisance de colostrum 28 

Maladies infectieuses du nouveau-né 29 

Entérite 29 

Maladie de l'ombilic 29 

Dysenterie de l'agneau 29 

Pneumonie 29 



Maladies infectieuses des agneaux plus âgés 2 9 

Entérotoxémie (maladie du rein pulpeux) 29 

Pneumonie 29 

Maladies du mouton adulte 29 

Toxémie de la grossesse 29 

Entérotoxém le 29 

Mammite 30 

Autres causes de pertes 30 

Troubles dus à des carences 30 

Parasites internes 30 

Vers dans l'estomac et les intestins 30 

Coccidiose 31 

Parasites externes 31 

Poux et tiques 31 

Mouches vertes de la viande et mouche du mouton 31 

Oestre du mouton 32 

EXPLOITATION DU TROUPEAU 32 

Soin de l'agneau nouveau-né 32 

Exploitation des agnelets 32 

I dentif ication 33 

Amputation de la queue 33 

Castration 33 

Alimentation 34 

Sevrage 34 

Finition des agneaux pour le marché 34 

Accouplement 35 

Gestation 35 

Soins de la brebis à l'agnelage 3 5 

Difficultés à I agnelage 3 5 

Lactation 37 

Après le sevrage 3 7 

Gestion du bélier 38 

Tonte et préparation de la laine 38 

CLASSEMENT DE LA LAINE 39 

CLASSEMENT DE L'AGNEAU ET DU MOUTON 40 

ÉCONOMIE ET COMMERCIALISATION 40 

Marché en Nouvelle-Ecosse 42 

Marché au Nouveau-Brunswick 4 3 

Marché à l'Ile-du-Prince- Edouard 4 3 

Marché à Terre-Neuve 4 3 

CHIEN BERGER 4 4 

Sélection 4 4 

D ressa ge de base 4 5 

Rassemblement 45 

Garde du troupeau 45 



INTRODUCTION 



Le rôle du mouton dans l'agriculture du Canada 
atlantique devrait être plus important qu'il ne l'est 
à l'heure actuelle. En effet, les conditions sont telles 
que la production ovine devrait avoir plus d'impor- 
tance dans l'agriculture ici que dans le reste du 
Canada parce que la région atlantique peut produire 
d'excellents pâturages d'une année à l'autre et parce 
que certaines particularités comme l'état rocailleux 
du sol, une topographie accidentée et l'éloignement 
du marché qui nuisent à bien d'autres formes d'agri- 
culture s'opposent beaucoup moins à l'élevage du 
mouton. Par exemple, quelques pierres dans le sol 
peuvent prévenir le piétin chez le mouton et le fait 
d'être éloigné est éventuellement moins accessible 
aux animaux de proie. Cela ne veut pas dire que 
les moutons se portent mieux quand le sol est pauvre; 
en revanche, certains facteurs qui rendent le sol peu 
propice à la culture marchande ou à la production 
laitière, sont moins néfastes pour le mouton. L'apti- 
tude particulière de la région atlantique à produire 
de bons pâturages ne devrait pas donner lieu à une 
fidélité aveugle à un système d'élevage de grande 
étendue; il existe aussi des possibilités de systèmes 
plus intensifs. 

Au moment de la Confédération en 1867, il y 
avait environ 800 000 moutons et agneaux dans les 
provinces maritimes; de nos jours, il y en a environ 
55 000 dans les exploitations agricoles "recensées" 
et 9000 à Terre-Neuve. On peut expliquer ce déclin 
par des hypothèses plutôt que par des faits. Cepen- 
dant, la tendance à abandonner l'agriculture de sub- 
sistance pour se spécialiser et l'exode vers les villes 
ont probablement été des facteurs déterminants. La 
baisse du nombre de moutons a été accélérée récem- 
ment en raison d'une augmentation, dans une large 
mesure non contrôlée, du nombre de chiens et parce 
que la construction d'enclos à moutons coûte plus 
cher que celle d'enclos à bétail. 



baisser et les importations entre 1970 et 1975 en 
Nouvelle-Ecosse, de bêtes destinées à la reproduction 
a soulevé un intérêt considérable et donné lieu à 
une participation accrue. On a construit en Nouvelle- 
Ecosse un nouvel abattoir conçu spécialement pour 
l'abattage du mouton. Les trois provinces maritimes 
comptent des associations actives de producteurs et 
le gouvernement assure un aide importante tant au 
niveau consultatif que financier. A Terre-Neuve, le 
gouvernement provincial fait aussi de la promotion 
industrielle. On a institué des programmes de vérifi- 
cation des fiches d'aptitude à domicile et dans les 
stations. 

En dernier lieu, il ne faut pas oublier que le prix 
de l'agneau et, dans une moindre mesure, celui de 
la laine s'est beaucoup amélioré et on peut probable- 
ment s'attendre à des majorations de prix au cours 
des prochaines années. En somme, se sont là des 
signes d'une renaissance de l'industrie. 



CONSTITUTION D'UN 
TROUPEAU 

Avant d'entreprendre l'élevage du mouton, tout 
propriétaire éventuel de troupeau devait tenir compte 
des facteurs suivants: son expérience en la matière, 
le genre de ferme disponible, l'état du sol et des 
bâtiments, la disponibilité et le prix des bêtes des- 
tinées à la reproduction. Il faut aussi considérer le 
climat, la disponibilité des marchés et, probablement 
l'élément le plus important, quel genre ou quelle race 
de mouton convient le mieux aux conditions. 

Trop de gens se sont lancés à l'aveuglette dans 
la production ovine, alléchés par la prétendue facilité 
de cet élevage. Le succès de l'entreprise dépend de 
l'aptitude du propriétaire à maîtriser les techniques 
de production. L'apprenti devrait commencer avec 



Malgré un tendance encourageante à la 
constitution de troupeaux plus nombreux, la 
moyenne de taille des troupeaux dans les provinces 
maritimes est inférieure à la moyenne canadienne 
de 61 moutons et agneaux (1971). La valeur des 
moutons et de la laine vendus ne représentent que 
0.5% de la valeur de tous les produits de ferme dans 
la région atlantique mais ce pourcentage atteint plus 
de 5% dans certain comtés de l'Ile-du-Cap-Breton. 
On trouve moins de troupeaux de moutons dans les 
fermes à fort rendement (mesuré en termes de valeur) 
que dans celles dont le rendement est plus modeste. 

A eux seuls, ces faits semblent refléter une in- 
dustrie en perte de vitesse, mais il y a aussi des 
signes encourageants d'intérêt renouvelé et d'une 
hausse de production. La taille moyenne des trou- 
peaux augmente; les nombres globaux ont cessé de 






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Troupeau commercial dans un bon pâturage 



un petit troupeau. Quand il a acquis de l'expérience 
et qu'il connaît bien les méthodes de production, 
il peut alors augmenter le taille de son troupeau qui 
peut devenir une importante source de revenu. 

En général, on conseille au débutant d'acheter 
des brebis commerciales au lieu de brebis de race. 
On obtient des brebis courantes plus facilement et 
pour moins cher. Le risque financier est moindre. 
Une fois l'expérience acquise, le propriétaire peut, 
s'il le souhaite, remplacer son troupeau par des bêtes 
de race qui coûtent plus cher. 

La plupart des éleveurs commerciaux espèrent 
produire des agneaux de marché de bonne qualité 
pesant de 35 à 45 kilos à l'âge de 5 mois. Parce 
qu'un certain pourcentage du revenu annuel provient 
de la vente de la laine, il faudrait tenir compte du 
poids des toisons produites. On préfère les moutons 
à face dégagée à ceux qui ont de la laine sur la 
face et les pattes parce qu'ils sont plus faciles à 
tondre et qu'ils ne sont pas aveuglés par la laine. 

Les brebis bonnes productrices sont ordinaire- 
ment difficiles à trouver. Le propriétaire de telles 
bêtes ne veut pas les vendre à moins d'avoir un 
surplus ou de compter se retirer. 

En général, le commerce des moutons se limite 
aux mois d'automne. Les propriétaires qui ont nourri 
leurs troupeaux tout l'hiver sont peu portés à les 
vendre avant que les agneaux n'aient été vendus. 
A l'automne, les agneaux sont vendus et le proprié- 
taire élimine du troupeau les bêtes qui produisent 
peu. Pour cette raison, l'apprenti devrait être très 
prudent quand il achète des brebis âgées. 



• Des brebis âgées sont souvent disponibles à bas 
prix. L'acheteur éventuel devrait vérifier la gueule, 
le pis et l'état général de ces bêtes afin de s'assurer 
qu'elles sont saines et qu'elles produiront proba- 
blement au moins une autre portée d'agneaux. 

• Les agnelles sont la principale source de bétail 
destiné à la reproduction. Les agnelles bien déve- 
loppées peuvent être accouplées à l'automne ou 
l'hiver de l'année où elles sont nées. La première 
portée d'agneaux ne sera pas aussi importante que 
celle qui provient d'un nombre semblable de brebis 
adultes 

Quand on choisit les bêtes, ne jamais oublier de: 

• Vérifier la gueule afin de déterminer l'âge de la 
brebis et de voir si les dents du bas et celles du 
haut se joignent correctement. Les moutons peu- 
vent avoir la mâchoire inférieure trop ou trop peu 
développée C'est un trait héréditaire peu souhai- 
table 

• Vérifier le pis pour dépister des défauts ou dom- 
mages causés par la mamite. Le cas échéant, le 
pis sera dur ou granuleux au toucher. 

• Vérifier les pieds afin de s'assurer qu'ils ne sont 
pas infectés par le piétin. Cette maladie est assez 
répandue dans la région atlantique et peut être 
désastreuse si les bêtes infectées ne sont pas trai- 
tées. 



SÉLECTION DES BREBIS 

Les suggestions suivantes peuvent être utiles 
quand on achète les premières brebis: 



• Choisir la race qui convient le mieux aux conditions 
de la ferme. Si le sol est rude et que la végétation 
laisse à désirer, il vaut mieux choisir une race 
vigoureuse comme le North Country Cheviot ou 
la Blackface. 

• Si possible, choisir une race répandue dans la 
région. Cela assure au débutant une source plus 
généreuse et plus uniforme de bétail de base. 

• Se rappeler qu'une brebis atteint sa productivité 
maximale entre 3 et 5 ans. Si de telles brebis sont 
disponibles, que leur gueule et leur pis sont en 
bon état, elles constituent probablement le meilleur 
achat. 




Brebis North Country Cheviot avec ses jumeaux 



• Examiner le mouton afin de découvrir des parasites 
externes. Le problème n'est pas grave, mais 
l'acheteur devrait être au courant et traiter les 
moutons infestés. 

• S'éloigner et examiner attentivement les bêtes 
qu'on s'apprête à acheter. S'agit-il bien de la race 
souhaitée ? Leur conformation est-elle correcte ? 
Ont-elles la taille qui correspond à leur âge? 

• Vérifier la qualité de la laine, la longueur des fibres, 
la densité de la toison, son degré de crêpelure. 

• Demander au propriétaire les renseignements sur 
la production comme la fiche de contrôle des apti- 
tudes, les données d'épreuves qu'il possède au 
sujet des brebis. 

• Quand l'apprenti choisit des bêtes destinées à la 
reproduction il devrait demander conseil à un pro- 
priétaire qui a de l'expérience avant de prendre 
une décision finale. 



SÉLECTION DES BÉLIERS 



En général, il est plus facile de choisir un bélier 
qu'une brebis. Un bélier de race éprouvée devrait être 
le premier choix des producteurs de moutons de race 
et des producteurs commerciaux. Le moyen le plus 
sûr d'améliorer la qualité des agneaux de marché 
est de choisir de bons béliers. 

En choisissant un bélier il faut tenir compte des points 
suivants: 

• la taille du troupeau de brebis. Un agneau mâle 
de bonne stature peu saillir de 20 à 25 brebis. 
Un bélier d'un an ou adulte peut saillir de 40 à 
50 brebis. 

• l'apparence'générale. Le bélier devrait être trapu, 
avoir de bons pieds et de bonnes pattes. Le dos 
doit être fort et large. Un bélier de reproduction 
ne devrait pas être trop gras; une forte charpente 
et de bons os importent plus que le poids. 

• examiner la gueule afin de s'assurer que rien ne 
l'empêche de manger. 

• s'assurer que les deux testicules sont intactes et 
de taille normale. 

• vérifier la toison et s'assurer de la qualité et de 
la densité de la laine. 



de son âge. Vérifiez les contrôles d'aptitudes et 
comparez-les à ceux des autres béliers de l'essai. 
Examiner le père et la mère de l'agneau. Il est 
souhaitable d'acheter un jumeau. Les naissances 
jémellaires ne sont pas particulièrement hérédi- 
taires, mais grâce à une sélection continue, on peut 
augmenter le pourcentage d'agnelages. 



FICHES DE CONTRÔLE DES APTITUDES 



Dans la partie précédente on a parlé de fiche 
de contrôle des aptitudes. Grâce à ce programme 
on peut évaluer les aptitudes des béliers et des brebis 
dans le troupeau reproducteur. 

L'épreuve de fiche de contrôle des aptitudes est 
un instrument fort important dans le choix des béliers. 
Les jeunes béliers sont alimentés à l'essai pour une 
période de 50 jours. Pendant cette période, on inscrit 
les gains de poids et au terme de l'épreuve, on calcule 
le gain quotidien moyen et le poids d'épreuve final 
ajusté. 

Il a été prouvé que l'aptitude à gagner du poids 
est hautement héréditaire (dans une proportion de 
50 à 60%). Cela veut dire que les béliers qui obtien- 
nent de bons résultats transmettront probablement 
cette caractéristique à leur progéniture. L'utilisation 
de ces béliers donnera un taux de gain accru des 
agneaux de marché et réduira donc le nombre de 
jours avant la commercialisation. 

Dans beaucoup de cas, le bélier adulte aura aussi 
des rejetons qui auront été éprouvés. Si on utilise 
un bélier adulte ayant obtenu de bons résultats dont 
les rejetons ont aussi donné de bons résultats, on 
a raison de croire que ce bélier produira encore à 
l'avenir des agneaux de marché qui prennent du 
poids rapidement. 

Il importe que les producteurs conservent de 
bonnes fiches d'aptitude de leur troupeau. Elles sont 
nécessaires pour évaluer le rendement du bétail re- 
producteur, permettent d'éliminer les bêtes mé- 
diocres et de décider quelles agnelles retenir en vue 
de l'accouplement. 

Parce qu'elles permettent de reconnaître les 
bêtes supérieures d'une race ou d'un troupeau, les 
fiches de contrôle jouent un rôle important dans un 
programme d'élevage. 



• Si on achète un bélier âgé, examiner sa progéniture 
afin d'apprécier ses aptitudes. Vérifiez les données 
des fiches de contrôle d'aptitudes pour le bélier 
et sa progéniture. Si vous achetez un jeune bélier 
examinez son poids et sa taille en tenant compte 



RACES 



SUFFOLK 



Dans les provinces atlantiques, on classe com- 
munément les races de moutons en lignées pater- 
nelles ou maternelles. 

On garde les lignées paternelles surtout en raison 
de leur croissance rapide, de leur maturité précoce 
et des qualités souhaitables de leur viande et de leur 
carcasse. Ces races comprennent le Suffolk, le 
Hampshire, le Shropshire et l'Oxford. Elles ne sont 
pas aussi vigoureuses ou économiques que les 
lignées maternelles qui comprennent le North 
Couuntry Cheviot, le Leicester, le Scottish Blackface 
et des brebis croisées rassemblant divers pourcen- 
tages de ces races. Les brebis des lignées maternelles 
se disinguent par leurs qualités de bonne mère et 
bonnes laitières et le pourcentage d'agneaux 
qu'elles mettent bas reste acceptable même en ter- 
rain marginal. Dans beaucoup de cas, les brebis de 
ces races sont utilisées dans des programmes de 
croisement avec des béliers de race-père pour pro- 
duire une progéniture qui réunit les caractéristiques 
favorables des deux races. 

Au Canada atlantique, plusieurs races sont 
maintenues pour des raisons spéciales; elles com- 
prennent le Dorset, le Kerry Hill, le Clun Forest, le 
Hexham Leicester et le Finnish Landrace (finnoise). 

Quelle que soit la race gardée, chaque produc- 
teur devrait essayer de produire les bêtes qui con- 
viennent le mieux à son programme d'élevage, d'ali- 
mentation et de gestion et aux conditions environ- 
nementales. 



On a obtenu le Suffolk en Angleterre en croisant 
des brebis Norfolk Horn et des béliers Southdown. 
On a peut-être utilisé des Hampshire plus tard pour 
accroître la taille. Il y a plus de Suffolk que d'autres 
races au Canada. Dans la région atlantique la race 
est adaptée à la production de troupeaux de ferme. 
On s'en sert beaucoup dans les programmes de 
croisement et de production d'agneaux de marché. 



Description de la race: 

• forte taille; les béliers pèsent de 110 à 135 kg, 
brebis de 80 à 100 kg. 

• tête dégagée; face noire; pattes noires dégagées 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison: % à peigne, pèse de 2,2 à 3,6 kg, peut 
contenir des fibres noires 



Avantages: 

• rythme de croissance 

• bons reproducteurs 

• fécondité 

• aptitude laitière 

• bonne carcasse 




Brebis croisées, North Country Cheviot et Leicester 



Inconvénients: 

• peu rentable sur des pâturages maigres 

• les agneaux peuvent manquer de vigueur à la 
naissance 



HAMPSHIRE 

Race-père populaire, le Hampshire a été amélioré 
dans le sud-est de l'Angleterre en croisant des brebis 
indigènes à des béliers Southdown et Cotswold. Le 
Hampshire est utilisé dans les croisements afin de 
produire des agneaux de marché. 



Description de la race: 

• forte taille; les béliers pèsent de 1 1 à 1 35 kg 



8 



face noire, un peu de laine sur le dessus de la 
tête et aux mâchoires, laine sur les pattes 

béliers et brebis sans cornes 

toison de qualité moyenne, 3 /s à peigne, pèse de 
2,7à 3,6 kg 



Avantages: 

• rythme de croissance 

• s'adapte à la production de troupeaux de ferme 

• fécondité 

• aptitude laitière 

• qualité de la carcasse 

Inconvévients 

• ne s'adapte pas aux pâturages maigres 

• la grosseur de la tête et des épaules peut causer 
des problèmes à l'agnelage chez les petites brebis 

• présence de laine sur la face et les pattes 



OXFORD 

Cette race a son origine dans le centre-sud de 
l'Angleterre où on l'a obtenue en croisant des Hamp- 
shire et des Cotswood et en faisant une sélection 
en fonction de la taille et de la productivité. L'in- 
troduction de nouvelles races a entraîné une baisse 
de popularité de l'Oxford dans la région atlantique 
où elle avait déjà été la préférée des producteurs. 



Description de la race: 

• forte taille; les béliers pèsent de 90 à 135 kg, les 
brebis de 80 à 90 kg 

• face brun foncé ou grise; pattes et têtes laineuses 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison % à peigne, pèse de 3,6 à 4,5 kg 



• fécondité 

• aptitude laitière 

Inconvénients: 

• les agneaux sont lents à finir 

• face laineuse pouvant entraîner la cécité 



CORRIEDALE 



Cette race est originaire de la Nouvelle-Zélande; 
on l'a obtenue en vue de la production d'agneaux 
et de laine à la suite de croisements entre le Lincoln 
et le Mérinos. Le Corriedale n'est pas populaire dans 
la région atlantique mais on l'utilise ailleurs au 
Canada en vue d'obtenir des brebis hybrides à face 
blanche dans le cadre d'un programme de croisement 
triple. 



Description de la race: 

• taille varie de moyenne à forte; les béliers pèsent 
de 1 00 à 1 25 kg, les brebis de 68 à 80 kg 

• face blanche; pattes laineuses 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison: longueur moyenne, H à carde, pèse de 
4,5 à 6,8 kg 



Avantages: 

• toison lourde 

• aptitude au rassemblement (les moutons ont ten- 
dance à rester en troupeau) 

• se croise bien avec les races-pères pour produire 
des agneaux de marché 



Inconvénients: 

• lents à atteindre le fini qui convient au marché 

• fécondité et aptitude laitière moyennes 



Avantages: 

• rythme de croissance 



DORSET 

Le Dorset a son origine dans le sud de l'Angle- 
terre; il s'agit au départ d'une race à cornes portant 
le nom de Dorset Horn. En 1948, il survient une 
mutation sans corne dans la race et à partir de là 
se développe le Polled Dorset. A l'heure actuelle, 
le genre sans corne l'emporte sur le Dorset Horn 
au chapitre de la popularité dans les provinces atlan- 
tiques: 

• taille moyenne; les béliers pèsent de 80 à 100 kg, 
les brebis de 55 à 72 kg 

• face blanche, pattes laineuses 

• béliers et brebis sans cornes, ou à corne 

• toison: % à carde, pèse de 2,7 à 3,6 kg 

Avantages: 

• durée de la saison d'accouplement 

• peut produire plus d'une portée par année 

• aptitude laitière 

• utile dans les programmes de croisement pour 
augmenter la durée de la saison d'accouplement 

• les brebis croisées avec le Dorset produisent une 
toison exempte de fibres noires 

• convient à la production précoce d'agneaux 

Inconvénients: 

• la fécondité n'est pas aussi bonne que souhaitée 
dans la région atlantique 

• cette race semble présenter plus de problèmes au 
niveau des pieds 

• il faut plus d'espace aux fins des programmes de 
croisement 



• face blanche, tête et pattes dégagées 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison: % carde, poids de 2,7 à 3,6 kg 

Avantages: 

• vigueur, vitalité 

• tête et pattes dégagées 

• se prête bien aux programmes de croisement pour 
produire des agneaux de marché 

• fécondité 

• instinct maternel 

Inconvénients: 

• agneaux lents à finir 

• nervosité chez certaines familles 

• nécessité de nouvelles souches dans la région at- 
lantique 



NORTH COUNTRYCHEVIOT 

Cette race, obtenue dans le nord de l'Ecosse 
se signale par sa vigueur et son instinct maternel. 



LEICESTER 



On s'est beaucoup servi du Leicester pour mettre 
au point de nouvelles races de mouton et on trouve 
de leur sang dans un grand nombre de races-pères 
de nos jours. Au Canada le nom "Leicester"' présup- 
pose généralement le type Border, mais il y a eu 
un certain mélange de race Leicester anglaise. Ce- 
pendant, il n'y a pas de différence dans le répertoire 
des troupeaux sauf ans le cas du Hexham Leicester, 
dont les bêtes ont été importées en Nouvelle-Ecosse 
en 1970. 



Description de la race: 

• taille moyenne; les béliers pèsent de 1 00 à 125 kg, 
le brebis de 88 à 100 kg 

• face blanche, pattes et tête dégagées 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison catégorie inférieure de % courte ou grossière, 
poids de 3,6 à 5,4 kg; toison longue et peu dense 



Description de la race: 

• taille moyenne; les béliers pèsent de 1 00 à 1 1 5 kg, 
les brebis de 68 à 90 kg 



Avantages: 

• se prête bien au croisement pour produire de 
bonnes brebis demi-sang 



10 



• bonnes mères 



Inconvénients: 



• fécondité 

• bonne production laitière 

Inconvénients: 

• manque de vigueur 

• toison peu dense 

• lents à atteindre la maturité 

• pénurie de bonnes bêtes au Canada atlantique 

En Nouvelle-Ecosse, on a croisé des Leicester 
et des North Country Cheviot pour produire des brebis 
Scotia demi-sang. Elles sont vigoureuses, bonnes 
mères et produisent bien. 



• laine grossière 

• lents à finir pour le marché 

• la musculature des carcasses d'agneau est inadé- 
quate 



SHROPSHIRE 



Le Shropshire, originaire d'Angleterre, contient 
du sang Cotswold, Leicester et Southdown. Il se 
signale par la qualité tant de sa laine que de sa 
viande. Au cours de sélections récentes on a surtout 
recherché une forte taille, une face dégagée et une 
carcasse de qualité. 



SCOTTISH BLACKFACE 



Originaire des hautes terres d'Ecosse, cette race 
est devenue populaire aussi dans les basses prairies 
où on l'utilise dans les programmes de croisement. 
Les Blackface sont croisées avec des béliers Hexham 
Leicester. On fait aussi beaucoup d'accouplements 
de bêtes de race. Cette race pourrait être fort utile 
dans une exploitation importante de production ovine 
en terrain rude. 



Description de la race: 

• petite taille; les béliers pèsent de 68 à 90 kg, les 
brebis de 45 à 60 kg 

• face noire tachetée ou grise, tête et pattes dégagées 

• béliers et brebis à cornes 

• toison: longue, grossière, pèse de 2,2 à 2,7 kg 

Avantages: 

• très robuste même dans des conditions difficiles 

• donne de bons résultats mêmes sur des pâturages 
maigres 

• vitalité des agneaux nouveaux-nés 

• brebis très fécondes 

• se prête bien aux croisements et produisent de 
bonnes brebis demi-sang 

• aptitude laitière 



Description de la race: 

• taille moyenne; les béliers pèsent de 90 à 100 
kg, les brebis de 72 à 80 kg 

• face foncée, laine sur les pattes et le dessus de 
la tête 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison: % à peigne, pesant de 3,2 à 4,0 kg 

Avantages: 

• fécondité 

• arrivée précoce à la maturité 

• carcasses d'agneaux bien en chair 

• agneaux commercialisés à des poids légers 

• aptitude aux croisements 

• s'adaptent à divers climats 

Inconvénients: 

• laine dense sur les pattes et sur la face dans cer- 
taines familles 

• agneaux surfinis s'ils sont commercialisés à des 
poids lourds 

• il faut augmenter leur taille 



11 



FINNISH LANDRACE (Finnoise) 

Cette race est originaire de Finlande où on l'a 
obtenue dans un climat rigoureux et malgré une 
alimentation peu abondante. Les Finnoises atteignent 
des normes inférieures au chapitre de la toison, du 
rythme de croissance et de la qualité de la carcasse. 
On espère que grâce aux croisements, la caractéris- 
tique des naissances multiples se transmettra à une 
bonne brebis commerciale croisée. 



Description de la race: 

• petite taille; les béliers pèsent de 72 à 80 kg, les 
brebis de 55 à 63 kg 

• face blanche, dégagée, pattes et face blanches 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison: longue, peu dense, pèse de 1 ,8 à 2,2 kg 

Avantages: 

• fécondité (3 ou 4 agneaux par agnelage) 

• oestrus prématuré 

• longue saison d'accouplement 

• période de gestation plus courte que chez d'autres 



• face brune, pattes et face dégagées 

• béliers et brebis sans cornes 

• toison: longueur et densité moyennes, poids de 2,7 
à 3,6 kg 

Avantages: 

• s'adapte à divers climats 

• fécondité 

• les brebis sont de bonnes mères 

• utilisées pour former des familles de mères et pour 
la production d'agneaux de marché 

Inconvénients: 

• on ne sait pas dans quelle mesure cette race con- 
vient aux croisements 

• pénurie de bêtes d'élevage 



ELEVAGE 



BREBIS 



Inconvénients: 

• toison légère 

• rythme de croissance lent 

• qualité inférieure de la carcasse 

• petite taille 



CLUN FOREST 

Le Clun Forest est une race à double emploi 
utilisée comme race-père ou race-mère dans la pro- 
duction d'agneaux de marché. Elle a connu un regain 
de popularité en Grande-Bretagne au cours des der- 
nières années. 



Description de la race: 

• taille moyenne, les béliers pèsent de 80 à 100 kg, 
les brebis de 68 à 80 kg 



La brebis a des oestrus plus ou moins réguliers 
à des intervalles de 1 6 à 17 jours pendant les mois 
d'automne et d'hiver. 

Les moutons sauvages agnèlent au printemps 
quand les conditions sont le plus favorables au nou- 
veau-né. Ils ont aussi une courte saison d'accouple- 
ment. La domestication et la sélection ont entraîné 
des variations marquées dans la durée de la saison 
d'accouplement des races. En outre, au sein d'une 
race, les brebis qui ont tendance à s'accoupler tôt 
une année ont tendance à le faire aussi au cours 
d'années ultérieures. Ces brebis ont aussi tendance 
à être les dernières à terminer leur cycle en l'absence 
d'un bélier. 

Il est possible, grâce à la sélection, de prolonger 
la saison d'accouplement. Le rythme d'ovulation et 
le pourcentage de mise bas sont normalement plus 
élevés au début de la saison et à la mi-saison que 
vers la fin de la saison d'accouplement et ainsi, plus 
de jumeaux naissent tôt que tard. Cela peut être dû 
partiellement à la détérioration des pâturages vers 
la fin de l'automne. 

Un certain nombre de facteurs autres que ceux 
qui découlent de la sélection, influencent aussi les 



12 



tendances fondamentales de la reproduction. Le plus 
important est sans doute la lumière. Dans la région 
atlantique, le début de l'oestrus survient après que 
les jours commencent à raccourcir. En utilisant des 
bâtiments à l'épreuve de la lumière, on a démontré 
qu'une réduction artificielle de la durée du jour, 
subite ou progressive, provoque l'oestrus chez les 
brebis. On ne comprend pas tout à fait comment 
la lumière influence les oestrus. 

Le temps a aussi des répercussions sur l'accou- 
plement. Les propriétaires de troupeaux ont souvent 
remarqué que l'accouplement a tendance à com- 
mencer plus tôt quand les gelées d'automne sont 
prématurées qu'au cours des années où le climat 
d'automne est doux. De plus, on a constaté qu'une 
tonte tardive retarde considérablement les oestrus. 

La nutrition joue un rôle important dans la crois- 
sance des agnelles, partant, sur le pourcentage d'a- 
gneaux qui s'accoupleront au cours du premier au- 
tomne. Dans le cas de brebis ayant atteint la maturité, 
la qualité de la nourriture est le principal facteur 
influençant le taux d'ovulation et, par conséquent, 
le pourcentage de mise bas. Une alimentation qui 
laisse beaucoup à désirer peut faire augmenter net- 
tement le nombre de brebis stériles. 

Le nombre moyen d'agneaux par mise bas aug- 
mente régulièrement chez toutes les races jusqu'à 
ce que les brebis atteignent l'âge de cinq ans et le 
nombre décroît progressivement par la suite. Un 
nombre relativement inférieur d'agnelles s'accou- 
plent, comparativement aux brebis plus âgées et 
quand elles le font, le nombre de conceptions est 
inférieur lui aussi. A l'autre extrémité de l'échelle 
d'âge, on est moins renseigné parce que la plupart 
des propriétaires se défont de leurs brebis âgées 
avant qu'elles ne meurent naturellement. Bien que 
la reproduction accuse à coup sûr une baisse après 
cinq ou six ans, la production laitière diminue pro- 
bablement encore davantage et réduit donc le rythme 
de croissance des agneaux issus de brebis âgées. 

L'introduction d'un bélier hâte le début de 
l'oestrus et les propriétaires de troupeaux dans 
d'autres pays trouvent ce phénomène assez impor- 
tant pour justifier la garde d'un ou de plusieurs béliers 
vasectomisé à cette seule fin. Cependant, cet effet 
est associé seulement à l'introduction du bélier chez 
des brebis n'ayant pas encore ovulé, celles-ci ayant 
tendance à entrer en chaleur environ 22 jours après 
l'introduction du bélier. Les brebis qui ont déjà un 
cycle ne semblent pas influencées. Par ailleurs, le 
fait de garder un bélier avec les brebis tout au long 
de l'année n'a aucun effet stimulant du genre et 
peut même retarder l'accouplement. 

On peut avoir recours aux hormones (au Canada, 
approuvé seulement à des fins expérimentales à 
l'heure actuelle) pour devancer la saison naturelle 
d'accouplement, pour provoquer un nouvel accou- 



plement prématuré, pour syncroniser les oestrus 
et/ou pour augmenter le pourcentage de mises bas. 
Le traitement est plus efficace chez les brebis qui 
approchent la saison de l'accouplement que chez 
celles qui n'ont pas de cycle. L'allaitement a tendance 
à limiter les oestrus, bien qu'on ne sache pas précisé- 
ment si cela est dû à la lactation ou à la présence 
de l'agneau. La syncronisation augmente le nombre 
de béliers requis puisqu'un plus grand nombre de 
brebis entrent en chaleurs le même jour. Les trai- 
tements qui associent le contrôle de la lumière et 
le recours aux hormones ont généralement donné 
de meilleurs résultats que l'une ou l'autre des 
mesures utilisée seule. 



BELIER 



Des travaux récents ont montré qu'il y a aussi 
des variations saisonnières considérables dans la 
fertilité et l'activité sexuelle du bélier. On sait plus 
particulièrement que la circonférence du scrotum 
chez le bélier varie d'une saison à l'autre et qu'elle 
est plus grande à l'automne. Si, comme cela semble 
se justifier, on admet que la taille et l'aptitude à 
produire le sperme vont ensemble, il est évident que 
le bélier est plus actif et plus fertile au moment où 
les brebis ont leur cycle. Il est tout à fait possible 
que les facteurs comme la lumière, le temps et la 
nutrition, qui stimulent la brebis, influencent aussi 
le bélier. Dans le cas du bélier, il est peu probable 
que l'inactivité sexuelle totale se produise normale- 
ment même l'été. Cependant, il existe des différences 
au niveau de l'activité et de la fertilité des béliers 
tant entre les races qu'entre les sujets d'une même 
race. 



HÉRÉTABILITE 

Chaque agneau naît à la suite d'une fusion au 
moment de la conception d'un sperme et d'une ovule, 
suivie d'une période de gestation d'environ 1 47 jours 
dans l'utérus de la mère. La constitution génétique 
de l'agneau (génotype) est donc déterminée au 
moment de la conception et des influences environ- 
nementales ultérieures comme la capacité utérine de 
la mère et son aptitude laitière, l'alimentation de 
l'agneau, sa santé, son exploitation etc. se super- 
posent à ce génotype pour déterminer le rendement 
et la productivité du sujet. Le même concept s'appli- 
que aussi au troupeau. 

Dans tout troupeau, on trouve des variations 
individuelles au niveau de tous les traits. Certaines 
sont d'origine génétique; d'autres sont provoquées 
par l'environnement. Le terme "hérétabilité" est 
utilisé pour démontrer le pourcentage de variations 
totales transmis d'une génération à l'autre. L'héré- 
tabilité diffère d'un trait à l'autre. Par exemple, le 



13 



groupe sanguin est entièrement hérétable et nulle- 
ment influencé par l'environnement, tandis que la 
longévité dépend dans une large mesure de l'en- 
vironnement. Il peut arriver tant de choses à une 
brebis au cours de sa vie que le fait qu'elle atteigne 
un âge avancée dépend largement de l'absence 
d'accidents ou de maladies, qui ont un caractère 
environnemental. Parmi les traits qui ont une impor- 
tance économique, la fécondité est peu hérétable, 
le poids au sevrage l'est modérément tandis que la 
plupart des caractéristiques de toison le sont net- 
tement. 

Plus un trait est hérétable, plus il réagit à la 
sélection. La sélection est le moyen par lequel on 
améliore le rendement du troupeau et le rythme 
auquel on l'améliore dépend de la supériorité des 
bêtes choisies et de I ' héréta bilité des traits en ques- 
tion. On accélère l'amélioration (de tout trait) quand 
la sélection se fait en fonction de ce seul trait; elle 
est retardée, comme c'est le cas la plupart du temps, 
quand il faut tenir compte d'autres traits. 

En pratique, il vaut mieux faire la sélection en 
fonction du rendement individuel et du rendement 
de bêtes qui ont un lien de parenté. 

Un exemple peut aider à comprendre les prin- 
cipes en cause. Mettons que des jumelles et un 
jumeau soient tenus à l'écart d'un troupeau dont 
le pourcentage d'agnelage est de 100. Quand on 
sait que l'hérétabilité de la fécondité n'est que de 
l'ordre d'environ 5%, on pourrait s'attendre à ce que 
dans des conditions semblables et à des âges com- 
parables à ceux du troupeau initial, la progéniture de 
ces bêtes choisies atteigne des pourcentages d'a- 
gnelage d'environ 105%. Dans ce cas, le progrès 
serait lent, mais il ne faudrait pas s'abstenir d'en 
tenir compte. Du même fait, le progrès au niveau 
de l'amélioration du poids de la toison (dont l'héré- 
tabilité est estimée à 60%) se réaliserait beaucoup 
plus rapidement, mais, compte tenu des prix relatifs 
de l'agneau et de la laine, ce ne serait peut-être pas 
plus rentable. 



On calcule de la façon suivante l'hétérose sur- 
venue dans ce cas: 



32,2-(29,9 + 25,8)/2 
(29,9 + 25,8)/2 



= 0,1 5 ou 15% 



MÉTHODES D'ÉLEVAGE 



En général, on fait des croisements afin de com- 
biner les qualités de deux races ou plus et d'obtenir 
l'avantage de la vigueur hybride ou de l'hétérose. 
L'hétérose est la supériorité des bêtes métisses sur 
la moyenne des races mères en ce qui concerne un 
trait. Par exemple, à un âge de sevrage comparable, 
le North Country Cheviot, le Border Leicester et le 
demi-sang (Border Leicester et North Cheviot) du 
troupeau du collège d'agriculture de la Nouvelle- 
Ecosse en 1972 avaient un poids moyen de 29,9 
kg, 25,8 kg et 32,2 kg respectivement. 



Cet exemple montre comment mesurer l'hé- 
térose; il ne faut pas le considérer comme une mesure 
des avantages relatifs des races puisque les nombres 
étaient petits. En outre, le montant d'hétérose pro- 
venant d'un croisement donné dépendra non seule- 
ment des races utilisées mais aussi de chaque bête 
et des méthodes d'exploitation. En général, on peut 
s'attendre à ce que l'hétérose représente de à 5% 
de la moyenne des parents pour ce qui est des 
mesures du corps de la bête à maturité, de 5% 10% 
pour ce qui est de la fertilité. Des données récentes 
provenant de la station de recherche d'Agriculture 
Canada à Lennoxville (Que), montrent que dans une 
comparaison entre brebis de race Suffolk, Oxford et 
Cheviot et brebis provenant de croisements doubles 
et triples, ces dernières ont produit 9 et 1 7% de 
plus de naissances multiples que la moyenne des 
lignées maternelles. A Lethbridge, en Alberta, quand 
on a comparé des agneaux de races Romnelet, 
Columbia, North Country Cheviot et Suffolk et le 
produit de leurs croisements au chapitre du poids 
au sevrage, du poids final de marché, du gain total 
en parc d'engraissement et du poids par jour d'âge, 
on a constaté que les agneaux provenant d'un croise- 
ment simple avaient une supériorité de l'ordre de 
4 à 5% pour les quatre traits mesurés compara- 
tivement aux moyennes des bêtes de race, tandis 
que les produits de croisements triples avaient une 
supériorité de 7 à 18%. Cependant, des 12 agneaux 
de croisements simples possibles, seuls un ou deux 
agneaux ont dépassé le rendement des champions 
de la race pure. 

Ordinairement, plus les races croisées sont dis- 
semblables, plus le croisement produit d'hétérose. 
L'hétérose a tendance à être le plus accentuée en 
ce qui concerne la vigueur et la santé. Les caractéris- 
tiques d'aptitude à la reproduction dépendent dans 
une large mesure de la santé, or, les traits comme 
la fécondité qui sont parmi les moins héréditaires 
sont ceux qui donnent les meilleurs résultats par 
l'hétérose provenant de croisements. C'est fort 
heureux puisque l'éleveur dispose ainsi d'une deux- 
ième façon d'améliorer la fécondité (la première 
étant une meilleure alimentation et une meilleure 
exploitation). 

Dans les paragraphes qui précèdent on a montré 
que l'hétérose est au mieux dans les croisements; 
par exemple, l'utilisation d'un bélier Down avec des 
brebis Greyface (Hexham Leicester et Scottish Black- 
face) ou demi-sang (Border Leicester et North Country 
Cheviot). Dans ces croisements, les qualités mater- 
nelles de robustesse, de fécondité, d'aptitude laitière 
et de maturité se trouvent réunies chez les brebis; 
le bélier fournit la qualité de la carcasse et le rythme 



14 










Brebis grey-face et agneaux issus de béliers Suffolk 



de croissance. L'utilisation d'un bélier provenant 
d'une race de bonnes laitières et de brebis provenant 
d'une race à viande si la progéniture est destinée 
à l'abattoir serait évidemment peu logique. 

Si la sélection est l'instrument de premier choix 
de l'éleveur qui souhaite une amélioration génétique, 
sa méthode d'élevage vient tout naturellement en 
deuxième lieu. Les méthodes se répartissent en cinq 
catégories: 

le croisement consanguin 
l'élevage en consanguinité 
l'accouplement au hasard 
le croisement hétérogène 
l'élevage par métissage 

Le croisement consanguin et l'élevage en 
consanguinité supposent l'accouplement de bêtes 
ayant un lien de parenté. Le lien de parenté aug- 
mente la probabilité que les agneaux héritent des 
mêmes gènes tant de la mère que du père. Le lien 
de parenté entre deux bêtes mesure la probabilité 
de ressemblance génétique; il est donc utile pour 
prédire la valeur éventuelle d'un animal qui n'a pas 
de fiche de contrôle d'aptitude s'il y a une bête 
proche parente dont on connaît les aptitudes. L'éle- 
vage en consanguinité est une forme d'élevage con- 
sanguin légèrement différente où on essaie de con- 
server un lien avec un ancêtre dont les aptitudes 
étaient supérieures à la moyenne. 

Quand on parle de "sang commun ', on parle 
d'une ressemblance génétique entre animaux ayant 
un lien de parenté. L'agneau n'hérite pas du sang 
de sa mère (encore moins de celui de son père) mais il 
hérite des deux parents les gènes qui déterminent 
le groupe sanguin, la conformation et les caractéris- 
tiques des aptitudes. Par ailleurs, on peut mesurer 



les liens de parenté. Par exemple, les parents et leur 
progéniture ont un lien de parenté à 50% tout 
comme les frères et soeurs germains. Les demi-frères 
ont un lien de parenté à 25%. Sauf dans le cas de 
jumeaux identiques, ou si les parents des frères ger- 
mains ont eux-mêmes un lien de parenté, il est peu 
probable que deux bêtes aient un lien de parenté 
à plus de 50%. 

Les effets du croisement consanguin sont: 
1) d'augmenter l'uniformité et la prédominance au 
sein de familles consanguines et, 2) d'accentuer les 
différences entre les familles consanguines. Cet éle- 
vage concentre les gènes désirables et indésirables 
qui peuvent se trouver chez les parents II faut donc 
souvent procéder en même temps à une élimination 
considérable. Il vaut mieux n'utiliser le croisement 
consanguin que dans les grands troupeaux de qualité 
supérieure où l'éleveur est très compétent. 

L'accouplement au hasard suppose une ab- 
sence d'amélioration génétique et on ne peut en rien 
le recommander en vue de la production commer- 
ciale. 

Le croisement extérieur est le système que pré- 
fèrent la plupart des propriétaires de petits troupeaux 
de race. On utilise des béliers n'ayant aucun lien 
de parenté avec les brebis et le système est sûr, les 
caractéristiques peu souhaitables étant moins sus- 
ceptibles de se manifester que quand on fait un 
élevage consanguin. Le croisement hétérogène peut 
aussi donner lieu à un léger degré d'hétérose. 

On a déjà discuté de /'élevage par métissage 
et c'est le système le plus avantageux pour le produc- 
teur commercial. 

Quelle que soit la race ou le système d'élevage 
choisi, l'amélioration génétique ne peut se faire que 
si on comprend la sélection et que si l'élevage se 
fait en fonction d'objectifs planifiés. Le temps con- 
sacré à une évaluation méticuleuse des aptitudes de 
chaque bête et du troupeau n'est pas du temps 
perdu. La tenue de fiches est un élément nécessaire 
de l'élevage du mouton sauf dans le cas de troupeaux 
minuscules. 



NUTRITION 



Comme le mouton peut satisfaire 80% ou plus 
de ses besoins nutritifs à partir de plantes fourragères 
produites sur place, l'industrie ovine occupe une 
position enviable dans la région atlantique. Il faudrait 
insister sur les programmes fourragers dans cette 
région de pâturages productifs. Cependant, à cer- 
taines époques du cycle reproductif des moutons, 
l'alimentation aux céréales permet d'augmenter la 



15 



production. Il faut y songer au moment de l'accou- 
plement, aux derniers temps de la gestation et pen- 
dant la lactation. 



PROGRAMME FOURRAGER 



période d'engraissement hivernal, les béliers n'ont 
besoin que d'une légère portion de céréales outre 
les aliments à forte teneur en résidus. Il faudra plus 
de céréales et de suppléments protéiques aux jeunes 
béliers en période de croissance, selon la qualité des 
aliments à forte teneur en résidus. Les besoins nutri- 
tifs des béliers de poids divers figurent au tableau 1. 



Si les plantes fourragères doivent fournir la plu- 
part des éléments nutritifs aux moutons, elles doivent 
être de très bonne qualité pendant la majeure partie 
de l'année, bien que ce ne soit pas indispensable 
pour les brebis dans les deux semaines qui suivent 
le sevrage, avant l'accouplement et pendant les trois 
premiers mois de gestation où les besoins en énergie 
des brebis sont au minimum. Cependant, le niveau 
d'alimentation doit être assez élevé aux autres 
époques pour permettre aux brebis de se maintenir 
en santé d'une année à l'autre. 

Les légumineuses ou les foins mélangés, l'en- 
silage de maïs et d'herbe et le pâturage de haute 
qualité sont d'excellentes sources d'éléments nutritifs 
pour le mouton. Le fourrage contenant un pourcen- 
tage élevé de légumineuses est une bonne source 
de protéines, de calcium et de carotène. Il est indis- 
pensable de faucher tôt pour obtenir du foin ou de 
l'ensilage d'herbes de bonne qualité. 

Le fanage des foins en vue de l'ensilage aug- 
mentera le montant de matière sèche consomme 
quoditidiennenement quand c'est le seul aliment 
offert. Au cours des derniers mois de gestation, les 
brebis mangeront moins de fourrage ensilé que de 
foin et il peut être souhaitable de servir un supplé- 
ment d'aliments secs au cours de cette période 

La source la plus économique de fourrage est 
le pâturage. Les pâturages de petite superficie très 
productifs réduisent le coût des clôtures mais peuvent 
rendre plus difficile le contrôle des parasites internes 
(vers). La rotation annuelle des pâturages est souhai- 
table pour réduire les infestations parasitiques. On 
préférera les herbes ou les mélanges d'herbes et de 
légumineuses aux légumineuses seules à cause du 
danger de gonflement. Le fait de faire paître les 
bovins et les moutons ensemble permet un usage 
efficace du fourrage disponible puisque les uns man- 
geront les herbes laissées par les autres. Le colza, 
le chou et le seigle d'automne peuvent être utilisés 
comme suppléments à l'alimentation en pâturage. 



TROUPEAU D'ÉLEVAGE 



Un bélier bien nourri et en santé est indis- 
pensable au succès de l'élevage. Il ne faut pas laisser 
les béliers devenir trop gras entre les saisons d'ac- 
couplement. Il faut aussi les séparer des brebis à 
la fin de la période d'accouplement. Pendant la 



TABLEAU 1: BESOINS ALIMENTAIRES DES 
MOUTONS EN POURCENTAGE DE LA RATION 
TOTALE (FONDÉ SUR DES ALIMENTS SÉCHÉS À 
L'AIR CONTENANT 90% DE MATIÈRE SÈCHE) 



Ration quotidienne 




Pourcentage de ration 


gain 
quotidien 
ou perte 
poids de poids 

(kg) (g) 


par 

animal 

(kg) 


Pro- 
BQT téines Ca P 
(%) (%) (%) (%) 



Brebis 

n'allaitant pas et des 

1 5 premières semaines 

de gestation 

45 32 

54 32 

64 32 

73 32 



1,2 
1.4 
1,5 
1,7 



6 dernières semaines de gestion 
45 168 1,7 

54 168 1,9 

64 168 2,1 

73 168 2,2 



50 
50 
50 
50 



52 
52 
52 
52 



8 à 1 dernières semaines de gestation 
45 -36 2,1 59 

54 -36 2,3 58 

64 -36 2,5 56 

73 -36 2.6 55 

1 2 à 1 4 dernières semaines de gestation 
45 32 1,7 52 

54 32 1,9 52 

64 32 2,1 52 

73 32 2,2 52 



8,0 0,27 0,21 

8,0 0,24 0,19 

8,0 0.22 0,17 

8.0 0.20 0.16 



8,4 0,24 0,18 

8,2 0,23 0,17 

8,0 0,22 0,16 

7,8 0,22 0,16 



8,7 0,30 0,22 

8,4 0,28 0,21 

8.0 0.27 0,20 

8,0 0,27 0,20 



8,4 0.26 0,20 

8,2 0,25 0,19 

8,0 0,24 0,18 

7,8 0.24 0,18 



Agneaux de remplacement et agneaux de l'année 

27 136 1,2 55 11,0 0.21 0,19 

36 91 1.4 50 8.7 0.20 0,18 

45 64 1,5 50 7,6 0.20 0,18 

54 32 1,5 50 7,0 0.20 0,18 



Béliers 

Agneaux et agneaux de l'année 



36 


181 


1,4 


45 


136 


1,7 


51 


91 


1,9 


64 


45 


2,1 


73 


45 


2.2 


Agneaux 






à l'engrais 






27 


159 


1.2 


32 


181 


1,1 


36 


204 


1.5 


41 


201 


1,7 


45 


181 


1,8 



62 10,0 0,20 0,18 

57 8,6 0,18 0,16 

50 7,6 0,17 0,15 

50 6,9 0.16 0,14 

50 6,6 0,15 0,14 



55 12,0 0,23 0,21 

55 11,0 0,21 0,18 

62 10,7 0,19 0,18 

62 9,5 0,18 0.16 

62 9.4 0.18 0,16 



'Source Conseil national des Recherches (É.-U.) 



16 



Il faut fournir (tableau 1) de bons pâturages 
pendant l'été et il faut donner chaque jour environ 
460 grammes de céréales à compter de quelques 
semaines avant la saison de l'accouplement. Un 
mélange de parties égales de sel cobaltoiodé et de 
phosphate de dicalcium devrait être à leur disposition 
dans des boîtes protégées de la pluie. Pendant la 
période d'engraissement hivernal, on recommande 
un mélange de vitamines et de minéraux si les vi- 
tamines A et D ne sont pas ajoutées aux céréales 
servies. L'exercice est important pour les béliers et 
les enclos doivent être adjacents à la cour. 

Afin d'éviter les combats, il peut être nécessaire 
de restreindre l'espace au début quand on place deux 
béliers dans le même enclos. 

Le gavage est la pratique qui consiste à placer 
les brebis sur d'excellents pâturages ou à leur donner 
de 230 à 460 g de céréales chaque jour au temps 
de l'accouplement. Cette méthode a fait ses preuves, 
elle augmente le pourcentage de jumeaux ou de 
triplets si les brebis sont en mauvais état avant l'ac- 
couplement. Si les brebis sont déjà en bonne santé, 
le gavage est peu avantageux. Le gavage devrait 
commencer au moins deux semaines avant de laisser 
le bélier auprès des brebis et il faut le poursuivre 
pendant toute la saison d'accouplement. On peut 
utiliser des céréales ou de l'arrière-foin propre, mais 
il faut éviter le trèfle rouge parce que sa teneur en 
estrogène peut causer l'infertilité. 



Les brebis pleines consommeront une quantité 
suffisante de foin de qualité moyenne ou bonne ou 
d'ensilage de céréales afin de répondre à leurs 
besoins énergétiques au cours des quinze premières 
semaines de gestation. Il faut ajouter un supplément 
minéral qu'elles pourront prendre à volonté. Au cours 
des 6 dernières semaines de gestation, il faut ajouter 
au fourrage un supplément de céréales atteignant 
jusqu'à 460 g par jour. La quantité de céréales et 
sa teneur en protéines devrait être modifiée selon 
la qualité du fourrage et l'état des moutons. Les 
besoins nutritifs des moutons figurent au tableau 1; 
on donne des exemples de mélanges de céréales au 
tableau 2. 

Un manque de nourriture à portée durant le 
dernier mois de la grossesse peut entraîner des mala- 
dies de grossesse parfois fatales. Ce sont les brebis 
les plus âgées qui y sont le plus inclinées. Un trou- 
peau bien nourri, qui reçoit du fourrage de bonne 
qualité et un supplément de grain avant la mise bas, 
ne devrait pas souffrir de ce genre de difficultés. 
Les agneaux allaités devraient recevoir une alimenta- 
tion à la dérobée pendant qu'ils vivent dans la ber- 
gerie afin qu'ils engraissent avant le sevrage. Un 
mélange simple de grain riche en énergie est recom- 
mandé puisque la bebis par son lait leur fournit une 
quantité considérable de protéines. Le tableau 2 fait 
quelques suggestions-de mélanges. 



TABLEAU 2: MELANGES DE CEREALES SUGGÉRÉS POUR LES MOUTONS 



Ingrédients 



Formule 



Pour brebis 

pleines et brebis 

qui allaitent 

(12-14% PB) 



Pour engraisser les agneaux 

et pour l'alimentation à la 

dérobée 

(15-18% PB) 



8 



Avoine 

Seigle 

Blé 

Mais 

Son 

Fève soya tourteau (50%) 

Phosphate de dicalcium 

Sel (cobotto-rodé) 

Total (kg) 
BQT (%) 
PB (%) 



31,75 


18,14 


1 1,34 


12,70 


10,43 


35,38 


14,96 


10,43 


9,07 


8,16 


19,50 


24,04 


27,22 


27,22 




22,68 


13,61 
13,61 


24,04 


4,54 


4,54 


4,54 






4,54 






4,54 




2,27 


4,54 


4,54 


6.81 


4,54 


6,81 


6,81 


6,81 


0.45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0.45 


0.45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


0,45 


45,36 


45,36 


45,36 


45,36 


45,36 


45,36 


45,36 


45,36 


45,36 


67 


71 


73 


73 


75 


66 


73 


75 


73 


12,0 


13,6 


14,5 


15,1 


15,5 


16,0 


17,0 


17,0 


17,8 



17 



ÉLEVAGE DES AGNEAUX AU LAIT DE 
REMPLACEMENT 



Un agneau mourra d'inanition au cours des 
premiers jours de sa vie s'il est rejeté par sa mère 
ou s'il devient orphelin, ou bien encore s'il est le 
plus faible d'une nichée de triplets et qu'il ne soit 
pas assez fort pour prendre sa part de lait ou bien 
encore s'il est le plus faible de jumeaux dont la mère 
n'a qu'un pis qui donne du lait. Ces agneaux peuvent 
être sauvés en les nourrissant au succédané de lait. 
Ce lait peut être servi tiède ou froid. De toutes façons, 
ces agneaux devraient recevoir du colostrum quel- 
ques heures seulement après la naissance, que ce 
soit de leur mère ou bien d'une réserve gardée con- 
gelée pour les cas d'urgence. Il faudra les aider à 
apprendre à téter. 

Le lait de remplacement devrait de préférence 
être formulé précisément à l'intention des agneaux, 
mais à la place on peut utiliser une formule de départ 
destinée aux veaux. Le lait de remplacement est 
mélangé à de l'eau afin de donner une teneur de 
20% de matière solide (mélanger une partie de 
poudre à quatre parties d'eau, en poids). Il faut servir 
le lait de remplacement plusieurs fois par jour la 
première semaine, mais par la suite on n'offre le lait 
de remplacement froid devant les agneaux en tout 
temps à condition qu'il ne se réchauffe pas et qu'il 
ne surisse pas. L'addition de formaline à 0,05% au 
lait de remplacement froid aide à prévenir le sûris- 
sement et à prévenir le ballonnement de la caillette. 

Il faut donner aux agneaux à partir de la première 
semaine des aliments à la dérobée et du foin haché 
fin. Une formule comme le numéro 9 au tableau 
2 ou des aliments commerciaux pour jeunes veaux 
conviennent pour l'alimentation à la dérobée. On 
peut commencer à enlever le succédané de lait quand 
les agneaux atteignent de 3 à 4 semaines à condition 
que leur poids soit de 1 1 kg ou plus. Les agneaux 
légers profiteront d'une alimentation plus longue au 
lait de remplacement. (Pour plus de renseignements, 
consulter la publication 1507, Élevage artificiel des 
agneaux qu'on peut se procurer aux Services de 
l'Information, ministère de l'Agriculture du Canada, 
Ottawa.) 



avant de commencer l'alimentation solide et il faut 
surveiller de près tout signe de parasites internes 
(vers coccidie). Les infestations peuvent s'agraver 
rapidement chez les agneaux, réduire considéra- 
blement leur taux de gain ou même les fair périr. 

On obtient les gains les plus économiques chez 
les agneaux en pâturage ou auxquels on donne du 
foin de bonne qualité ou de l'ensilage contenant un 
supplément de céréales. L'addition d'antibiotiques au 
taux de 22 g/tonne d'aliment complet sera souvent 
avantageuse, surtout si les agneaux subissent le 
stress d'un temps froid ou pluvieux, d'enclos trop 
petits ou du transport par véhicule. 

Afin d'éviter les troubles digestifs, il faut com- 
mencer à donner les aliments solides avec prudence. 
Ne donner que du foin de bonne qualité les trois 
premiers jours. Commencer ensuite à servir des 
céréales en quantités ne dépassant pas 115g par 
jour par bête. Faire en sorte que le niveau souhaité 
soit atteint en 2 ou trois semaines. Veiller à ce que 
l'espace soit suffisant afin que tous les agneaux 
puissent manger en même temps: 25 à 30 cm de 
mangeoire par agneau. 

Le taux de gain et le montant d'aliments néces- 
saire par unité de gain de poids variera selon le 
rapport céréales-résidus de la ration et l'âge des 
agneaux. L'augmentation de la quantité de céréales 
augmentera le taux de gain et réduira la quantité 
d'aliments nécessaire pour produire un kilogramme 
de gain. 

Les agneaux jeunes et légers requièrent moins 
d'aliments par unité de gain que les agneaux plus 
lourd. Par exemple, dans une expérience fait à la 
ferme expérimentale de Nappan, les agneaux aux- 
quels on avait donné une ration à haute teneur en 
céréales ont eu besoin de 4,7 kg d'aliments par kg 
gagné contre 5,7 kg d'aliments pour les agneaux 
auxquels on avait servi une ration contenant 40% 
de résidus. En moyenne, pour toutes les rations 
servies au cours de cette expérience, les agneaux 
ont eu besoin de 4,6 kg d'aliments/kg de gain à 
partir de 22,6 à 29,4 kg de poids corporel; 5,0 kg 
d'aliments à partir de 22,6 à 36,2 kg et de 5,9 
kg d'aliments entre 22,6 et 43 kg de poids corporel. 



ÉLEVAGE DES AGNEAUX DE MARCHÉ 



Dans le cas de agneaux de marché, il faut veiller 
soigneusement à donner une bonne alimentation et 
avoir de bonnes méthodes de gestion pour prévenir 
les pertes de bêtes et obtenir des gains économiques. 
L'entérotoxémie (maladie du rein pulpeux ou maladie 
de la boulimie) peut survenir quand on donne trop 
de céréales ou quand on commence à alimenter les 
agneaux trop tôt. Les agneaux devraient être im- 
munisés contre l'entérotoxémie environ 2 semaines 



AGNELLES DE REMPLACEMENT 



Il faut assurer une bonne alimentation aux ag- 
nelles pour qu'elles deviennent des brebis d'élevage 
bien développées. Il faut les sevrer à 10 ou ^se- 
maines, les traiter contre les vers et les placer sur 
un pâturage de bonne qualité ou leur servir une 
bonne ration de croissance jusqu'à la première saison 
d'accouplement. 1 1 ne faut pas les laisser devenir trop 
grasses. 



18 




Une bonne gestion est importante dans l'élevage des 
agneaux a l'engrais 



Les brebis bien développées peuvent être ac- 
couplées et avoir leurs premiers agneaux à 1 2 ou 
14 mois. De plus en plus, on a tendance à faire 
accoupler les agnelles. Cela augmente la production 
de la brebis, à condition qu'elle soit bien alimentée 
pendant ses premières années de vie. La ration doit 
assurer des éléments nutritifs suffisants pour que la 
croissance soit constante et en vue de favoriser la 
gestation et la lactation. A cette fin, il faut séparer 
les agnelles des béliers mûrs. 



et cobalté ajouté aux rations comme le montre le 
tableau 2, ou encore on le laisse en permanence, 
dans des boîtes protégées. Il faut choisir des mé- 
langes minéraux à faible teneur en cuivre puisqu'il 
faut moins de cuivre aux moutons qu'à d'autres 
animaux. 

La maladie du "raide" (maladie du muscle blanc, 
dystrophie musculaire) est très répandue et peut être 
prévenue en faisant aux agneaux une injection d'un 
mélange de vitamine E — sélénium disponible chez 
le vétérinaire. 



EAU 

Comme il faut moins d'eau aux moutons qu'aux 
bovins, on néglige souvent de leur donner une provi- 
sion suffisante d'eau fraîche propre. Or l'eau est 
indispensable aux moutons par temps chaud et 
quand ils reçoivent des aliments secs. Ils ne consom- 
meront pas les aliments en quantité suffisante s'ils 
sont forcés de manger de la neige pour avoir de l'eau 
en hiver. Les besoins en eau de la brebis sont consi- 
dérables en période de lactation. Les agneaux qui 
reçoivent du lait de remplacement dont la teneur en 
matière solide est de 20% ont aussi besoin d'une 
bonne provision d'eau. 



BATIMENTS 
ET ÉQUIPEMENT 



VITAMINES ET MINÉRAUX 



Les moutons de tous âges ont besoin de vi- 
tamines et de minéraux. On trouve la plupart d'entre 
eux dans des quantités suffisantes de ration ordinaire 
mais dans certains cas, il faut les ajouter. 

Les niveaux de vitamines A et D sont souvent 
insuffisants mais ces vitamines peuvent être ajoutées 
à la ration ou données par injection. Les pâturages 
verts, l'ensilage d'herbes, le foin bien séché, coupé 
tôt, sont de bonnes sources naturelles de vitamine 
A. Le foin séché au soleil est la principale source 
de vitamine D dans l'alimentation mais elle peut se 
fabriquer dans la peau des bêtes exposées au soleil. 
Des vitamines synthétiques peuvent être ajoutées au 
mélange minéral laissé en permanence à la portée 
des bêtes ou aux céréales. 

Les suppléments minéraux nécessaires en 
général dans la région atlantique sont le phosphore, 
le calcium, le sel et le cobalt. On les donne dans 
des mélanges minéraux commerciaux ou dans un 
mélange de phosphate de dicalcium et de sel iodé 



Pour élever des moutons, il faut un abri, des 
installationsde manutention et desenclos. Une entre- 
prise efficace exige une planification méticuleuse 
qui répond aux conditions actuelles et prévoit l'ex- 
pansion future. Il faut penser à l'emplacement de 
l'abri, à la méthode de construction et à l'espace 
destiné aux bêtes, à l'équipement et aux provisions 
d'aliments et de litière. 

Il faut une remise ou un abri quelconque pour 
protéger les moutons des intempéries. Des re- 
cherches ont montré que même si la toison protège 
bien quand l'air est calme, le vent diminue rapide- 
ment ses propriétés isolantes. Une augmentation de 
la vitesse du vent de 6,4 km/h correspond à une 
chute de 5,5°C pour un mouton dont la toison 
mesure 25 mm. La pluie a aussi des effets néfastes. 
On a constaté que 10 mm de pluie à l'heure ont 
le même effet refroidissant qu'un vent de 16 km/h. 
Le vent et la pluie réunis peuvent donner des condi- 
tions très préjudiciables aux moutons. 

L'abri ouvert qui n'assure que peu ou pas de 
superficie couverte peut convenir dans les régions 
ou le climat est froid et sec. Mais ce genre d'abri 
n'est pas pratique dans le climat doux, mouillé et 



19 



venteux de la région atlantique où il faut des murs 
ou des clôtures pour protéger du vent et un toit pour 
protéger de la pluie. 

Quand il s'agit de fournir un abri aux moutons, 
on est souvent limité par un manque d'argent. On 
leur donne souvent un abri peu coûteux ou un bâ- 
timent existant qu'on transforme en vue de la pro- 
duction ovine. Il s'agit de trouver une structure qui 
soit non seulement adéquate mais aussi économique. 

Le coût initial n'est pas le seul facteur qui déter- 
mine si le bâtiment est économique ou pas; il faut 
aussi tenir compte de l'usage qu'on compte en faire. 
Quand on planifie la disposition, il faudrait penser 
aux autres usages qu'on pourrait faire du bâtiment. 



AMÉNAGEMENT 



Quand il a décidé du genre de gestion et de 
la taille de son troupeau, le producteur peut penser 
à concevoir la disposition de son bâtiment. 

On donne les exigences concernant le sol et 
l'espace au tableau 3. Ces chiffres sont utiles quand 
il s'agit de déterminer la dimension et la forme de 
la structure et il faut tenir compte de la taille du 
troupeau à loger et du nombre global de bêtes par 
enclos. La disposition des enclos dans la remise 
devrait être fonction des exigences au niveau du sol 
et de l'espace pour les mangeoires comme en fait 
état le tableau. On évitera ainsi un déséquilibre qui 
pourrait donner lieu à l'existence d'une aire d'ali- 
mentation insuffisante en rapport avec la superficie 
du sol. 

Un producteur peut dessiner son propre plan 
ou utiliser l'un des nombreux plans du Service de 
plans. Ces plans qui couvrent une vaste gamme 
d'installations pour moutons sont destinés à être 
utilisés dans tout le Canada. On peut les utiliser tels 
quels ou les modifier suivant les besoins. On peut 
se procurer des dépliants décrivant les divers plans 
et les plans eux-mêmes chez l'ingénieur agricole 
provincial ou le conseiller en extension. 



STRUCTURES 



de brise-vent qui protègent du vent et de la neige 
(voir la partie sur l'environnement). Les toits des 
remises devraient être en pente vers l'arrière pour 
éviter que l'eau de pluie et l'eau de fonte ne s'égout- 
tent dans la cour. On peut aussi utiliser une structure 
à pignon avec une façade ouverte sur la cour. Si 
on convertit un bâtiment existant et que son toit 
s'incline vers l'avant, il faut prévoir des gouttières 
afin d'empêcher l'écoulement dans le parc d'engrais- 
sement. 

Un bâtiment fermé, pourvu de bouches de ven- 
tilation dans les murs et le toit et assez bien isolé 
pour empêcher la condensation sous le toit, peut fort 
bien convenir aux moutons si la température à l'in- 
térieur est un peu plus chaude qu'à l'extérieur. Ces 
bâtiments sont populaires dans la région atlantique; 
il s'agit souvent de bâtiments qui avaient initialement 
été érigés à d'autres fins. 

Un bâtiment où la température est entièrement 
contrôlée peut être utilisé dans une exploitation ovine 
intensive qui dure toute l'année. Ce genre d'exploita- 
tion exige un bâtiment plus coûteux, soigneusement 
conçu, entièrement isolé et doté d'un système de 
ventilation mécanique. Ces bâtiments peuvent aussi 
comprendre un système d'éclairage et un système 
de chauffage contrôlés. On maintient alors à quelques 
degrés près un environnement constant, quelles que 
soient les conditions à l'extérieur. Afin d'obtenir un 
revenu sur les investissements, il faut l'utiliser en 
production intensive. 

Les nouveau bâtiments érigés à l'intention des 
moutons sont souvent du genre qui ont une char- 
pente à poteaux avec des panneaux de métal ou de 
bois. La structure peut comporter des poteaux de 
soutien, utiles pour soutenir les cloisons en?re enclos, 
mais qui restreignent l'usage des tracteurs dans le 
bâtiment et limitent les modifications ultérieures. On 
peut omettre les poteaux à l'intérieur et utiliser des 
fermes pour que le toit soit dégagé entre les murs. 
On place ordinairement les poteaux à 2,4 m c-à-c 
sur solage de béton enfoui à une profondeur de 1 ,2 
ou 2,4 m. Les fermes de toit à 0,6-1,2 ou 2,4 m 
c-à-c supportent le toit et peuvent aussi soutenir les 
plafonds s'il faut isoler. On peut utiliser des poteaux 
carrés au lieu de ronds dans la construction d'un 
bâtiment en pans. Bien qu'ils coûtent plus cher, les 
poteaux carrés permettent de construire et d'isoler 
les murs plus facilement. 



Le système de gestion et le genre de production 
sont les facteurs importants du choix par le produc- 
teur du genre de structure. Les moutons ont moins 
besoin d'être protégés du froid que d'autres animaux 
mais, tout comme les autres animaux de ferme, les 
jeunes ont besoin de plus de chaleur que les bêtes 
plus âgées. 

Les remises à façade ouverte sont répandues et 
elles suffisent si elles sont bien situées et munies 



Il faut en général, faire des modifications, par 
exemple pratiquer des ouvertures pour la ventilation. 
Si on utilise des bâtiments existants pour loger les 
moutons, les dispositions qui en résultent ne seront 
peut-être pas idéales mais une écononie de frais 
initiaux peut justifier les restrictions. Puisqu'il n'existe 
pas de plans concernant ces modifications, le pro- 
ducteur qui envisage la conversion d'un bâtiment 
existant devrait inspecter des structures qui ont déjà 
été modifiées. 



20 



TABLEAU 3: ABRI A MOUTONS 



Abri 



Brebis et bélier 



Agneaux à l'engrais 



Parc d'engraissement 
surface dure sol 1 

Remise à façade ouverte 
superficie du sol 
hauteur du plafond 

Planchers à claire-voie 
superficie par animal 
% de la surface à fente 
largeur de l'ouverture 
largeur de planchette 

Enclos d'agnelage (sans fente) 
enclos de maternité seulement 
enclos d'agnelage et de maternité 

Râtelier d'alimentation 
longueur par tête 
hauteur à la gorge 



Entrepôt d'aliments 

foin 

céréales 



Entrepôt de litière 

Eau 
superficie 



1 ,40 m 2 par tête 
6,50 m 2 par tête 

1 ,40 m 2 par brebis pleine 
95 m 2 par brebis sèche 
2,700 m minimum 



0,65 m 2 

100 

1 9 mm 

50 à 75 mm 

1,20x 1,20 m min 
1 ,20 x 1 ,50 m min 



40 cm (groupe) 
1 5 cm (libre) 
30 cm (petites races) 
38 cm (grosses races) 



1,36 kg /tête-jour (petites races) 
2,2 7 kg /tête-jour (grosses races) 
0,1 5 kg /tête-jour 



0,34 kg/tête-jour 
0,093 m 2 / 40 têtes 



0.55 m 2 par tête 
2,80 m 2 par tête 

0.55 m 2 par tête 

2,700 m minimum 



0,37 m 2 
100 

9,5 mm 
50 à 75 mm 



30 cm (groupe) 
10 cm (libre) 
25 cm (petites races) 
30 cm (grosses races) 



0,90 kg/tête-jour 

0,28 kg/tête-jour (entretien) 

0,45 à 1,13 kg jour 
(finition) 



0, 1 1 kg /tête-jour 
0,093 m 2 / 40 têtes 



On ne devrait utiliser les parcs d engraissement à sol en terre battue que dans les régions où la précipitation annuelle est inférieure à 500 mm Dans 
le cas des sols en terre battue, il faut prévoir un tablier asphalté ad|acent à chaque mangeoire Cette piste doit être large d au moins 1 .80 m ou de 
la même largeur que le tracteur utilisé pour le nettoyage L inclinaison à partir de la mangeoire devrait être de 4% 

'Au lieu des sols en caillebotis pour les brebis, les béliers ou les agneaux, on peut utiliser du treillis de métal déployé de 25 x 50 mm, calibre 1 
Les sols en treillis de métal déployé peuvent être recouverts d'un panneau solide pour retenir la litière au moment de I agnelage 



ENVIRONNEMENT 



Les limites de température recommandées pour 
les moutons à l'abri, s'échelonnent entre -20 et 30° 
C avec une humidité relative entre 50 et 75% 
L'échelle de température est grande mais les 
températures sont souvent inférieures à la limite 
supérieure. 

Un bon système de ventilation est indispensable; 
il fournit de l'air frais sans courant d'air et permet 
de retirer l'air chaud sans que survienne de conden- 
sation. Dans les bâtiments à façade ouverte, il y a 
rarement de problèmes de ventilation, bien qu'il 
puisse parfois y avoir de la condensation sous le toit. 
Les bâtiments à demi-fermés peuvent contenir des 
poches d'air vicié qui peuvent entraîner une humidité 
excessive. Pour éviter ce problème, il faut installer 
des bouches d'air ajustables à divers points dans 
le bâtiments. 



Les agneaux ont besoin de plus de chaleur et 
on peut la leur donner à un endroit précis dans une 
bâtiment froid en clôturant une petite surface et en 
la recouvrant d'un faux toit recouvert de foin. On 
peut donner de la chaleur aux nouveaux-nés sur une 
surface restreinte à l'aide de lampes chauffantes. On 
recommande une prise de courant double par paire 
d'enclos d'agnelage. Il faut éviter l'humidité parce 
que si les agneaux peuvent survivre dans un endroit 
froid et sec, il périssent si l'endroit est froid et 
humide. 

Un bon éclairage est important et il faudrait 
l'assurer dans toutes les parties de la bergerie où 
on fait l'élevage. On recommande une ampoule tous 
les 4,8 m de rampe d'alimentation. 

Une remise à façade ouverte ou une structure 
ouverte à pignon devrait être placée de façon à ce 
que les façades ouvertes le soient du côté sud afin 
de pouvoir profiter au mieux du soleil hivernal. Dans 



21 



les bâtiments ouverts, l'amoncellement de neige à 
l'extérieur ou à l'intérieur est un problème fréquent 
mais on peut l'éviter, ou du moins le réduire au 
minimum, à l'aide de clôtures brise-vent judicieuse- 
ment placées ou d'ouvertures dans lavant-toit. 

Les clôtures brise-vent ne devraient pas être 
reliées directement aux coins ouverts du bâtiment, 
parce que le vent et la neige au-dessus du toit dé- 
vieront jusque dans la remise. Les clôtures devraient 
être légèrement reculées afin d'assurer des espaces- 
tourbillons à l'extérieur de chaque coin avant (figure 
1 #). Les espaces-tourbillons devraient mesurer au 
moins 4 m x 4 m mais peuvent être aussi larges que 
la profondeur de la remise. Les silos et autres struc- 
tures ne devraient jamais être situés près de la partie 
ouverte de la structure. 

Les ouvertures ajustables dans lavant-toit et le 
mur exposé au nord sont importants pour contrôler 
le vent, la neige et l'humidité (figure 2). On donne 
des précisions concernant l'ouverture de l'avant-toit 
à la figure 3. A la figure 4, on donne des précisions 
concernant la ventilation d'un bâtiment à pignon, 
complètement fermé ou dont l'une des extrémités 
est ouverte. On recommande l'installation de disposi- 
tifs de contrôle à câble et manivelle pour ouvrir et 
fermer l'avant-toit et des ouvertures des murs la- 
téraux pour faire face aux changements de temps 
dans les longs bâtiments à pignon et à façade ou- 
verte. Dans les longues remises à façade ouverte, 
des cloisons intérieures peuvent être nécessaires. 
Elles seront séparées par un espace d'au plus 1 1 
m afin de contrôler le vent à l'intérieur de la structure. 



métal déployé de 25 sur 50 mm de calibre 10. Les 
planchers à claire-voie devraient être installés de 600 
à 900 mm au dessus d'un sous-sol. Les planchers 
à claire-voie coûtent plus cher mais la dépense est 
contrebalancée partiellement du fait qu'il faut moins 
d'espace par animal; on peut donc utiliser une struc- 
ture plus petite. Quand les planchers sont massifs, 
il faut de la litière. Elle n'est pas nécessaire dans 
le cas des planchers à claire-voie, mais il faut retirer 
tout le foin du sol afin d'empêcher le blocage des 
fentes. Le fumier passe au travers des fentes et 
s'amoncelle sur le sous-sol d'où on le retire chaque 
année. Il importe de remplacer les planches cassées 
ou usées afin d'éviter que les bêtes se blessent. Par 
temps froid, il faudrait fermer le sous-sol sur les côtés 
afin d'éviter les courants d'air qui pourraient monter; 
par temps chaud, il faut bien aérer le fumier afin 
de favoriser l'assèchement. 



ENTREPOSAGE 



En général, le logement des bêtes devrait être 
situé à proximité de l'endroit où l'on entrepose la 
litière et le fourrage; les moutons ne font pas excep- 
tion à cette règle. L'espace consacré à l'entreposage 
peut être égal à celui dont les moutons ont besoin. 



PLANCHERS 



ÉQUIPEMENT 



La présence d'un équipement bien conçu et bien 
construit dans la bergerie contribue dans une large 
mesure au succès de l'entreprise. Le Service des 
plans fournit sur demande des plans d'équipement. 



Le plancher des bergeries peut être, en terre 
battue, en gravier ou en béton ou bien, il peut s'agir 
d'un plancher à claire-voie en bois ou en métal. Quel 
que soit le matériau ou la construction, le sol doit 
être sec. 

Les planchers en terre battue ou en gravier sont 
les plus répandus parce qu'ils sont moins coûteux 
et qu'ils conviennent parfaitement. Le niveau du 
plancher devrait être légèrement supérieur à celui 
de l'extérieur et le plancher devrait être bien asséché. 
Les planchers de béton, bien que plus coûteux sont 
plus faciles à nettoyer que les planchers de terre 
battue ou de gravier. Il faudrait, dans le cas des 
planchers de béton prévoir une inclinaison de 1 % 
vers les bouches d'égouttement pour que le sol reste 
bien sec. L'épaisseur minimale devrait être de 90 
mm. 

Les planchers à claire-voie (ou caillebotis) sont 
faits de planches de bois disposées à une distance 
de 15 à 20 mm l'une de l'autre ou de treillis de 



Nourrisseurs 

Les nourrisseurs sont un élément important de 
l'équipement et ils existent en taille et en modèles 
divers. Ils peuvent être construits de façon à contenir 
du foin, des céréales ou les deux. Ils devraient être 
faciles à remplir et à nettoyer et conçus de façon 
à ce que les moutons ne puissent en retirer les ali- 
ments qui se gaspilleraient alors sur le sol. Leur 
hauteur à la gorge des bêtes est de 30 à 38 cm 
pour les brebis et de 25 à 30 cm pour les agneaux. 
Les moutons peuvent manger entre des barres ver- 
ticales, inclinées ou horizontales ou obtenir les ali- 
ments sous une partie sans ouvertures, verticale ou 
inclinée. Les moutons mangent d'un seul côté ou 
des deux côtés des nourrisseurs, cette dernière mé- 
thode économisant plus l'espace et les matériaux. 
On trouve dans les plans du SP un nourrisseur hexa- 
gonal. Certains modèles de nourrisseurs à céréales 
ont une auge double qu'on peut retourner pour ob- 
tenir une auge fraîche pour les céréales. 



22 




1 . Remise à façade ouverte, toit incliné dans la 
direction opposée au parc 

2. Mangeoire-clôture et tablier asphalté 



3. Abreuvoir à l'épreuve du gel 

4. Brise-vent aux côtés non protégés 

5. Espaces-tourbillons derrière les coins avant 
exposés 



Figure 1 : Parc à moutons avec remise à façade ouverte, mangeoires-clôture et brise-vent 



23 




rrr ' ur i . i i . i i i i r i ,. 




neige 




ventilation à charnières. Réduit 
la fente de 20 à 5 cm quand le 
vent souffle la neige 
(ne pas fermer complètement) 



«— — *^ ii *** **** m^^* 






vantaux ouverts l'été 






Figure 2: Dans les remises a façade ouverte et à 
mur arrière plein (haut) il peut y avoir des problèmes 
d'humidité et d'accumulation de neige. Des ouver- 



tures ajustables dans lavant-toit et le mur (bas) amé- 
liorent la ventilation et aident à contrôler l'amoncelle- 
ment de neige. 




NE PAS 
FAIRE 





FAIRE 



ventilation à charnières. 
S'ouvre quand il faut plus 
d'air 



Figure 3: La fente de l'avant-toit adjacente au toit 
subit l'entière pression du vent et laisse pénétrer la 



neige; la fente adjacente à la bordure contrôle le vent 
et empêche la neige d'entrer 



24 



fente du faîte d'arrêté 

à 20 cm des extrémités du 

bâtiment 



S 




L'air entre ou sort 
selon le vent 



L'air chaud monte 
et passe dans la 
fente 



En hiver, l'air 
f - V* P asse dans 



vantaux 
ouverts l'été 






Figure 4: Vantaux et ouvertures de /'avant-toit et du 
faîte servant à la ventilation des remises à façade 
ouverte ou fermée 







Bergerie pourvue d'un plancher a caillebotis 



25 



Installés entres deux enclos les nourrisseurs ser- 
vent de cloison. Des nourrisseurs et des cloisons 
démontables permettent de mieux nettoyer le bâ- 
timent ou de l'utiliser à d'autres fins. 



Abreuvoirs 



Ils ne sont pas faciles à déplacer et font or- 
dinairement partie.de la structure du bâtiment. Il 
faudrait les calorifuger et les chauffer pour éviter le 
gel. Des auges ou des bols avec flotteur conviennent 
bien et peuvent être placés sur une plateforme afin 
que les moutons montent pour boire sans pouvoir 
contaminer l'eau. 



Mangeoires dérobées 

Dans une bergerie où il y a des brebis et des 
agneaux allaités, on peut isoler une aire où les a- 
gneaux peuvent manger à la dérobée, ou alors une 
ouverture dans la cloison devrait être assez grande 
pour que les agneaux puissent s'y glisser mais trop 
petite pour que les brebis puissent y passer. Cette 
ouverture peut être munie de rouleaux verticaux qui 
facilitent l'entrée des agneaux tout en protégeant leur 
toison. Il faut de 0,3 à 0,4 m 2 par agneau. 



INSTALLATIONS DE MANUTENTION 



Enclos d'agnelage 

Ils peuvent avoir de 1 ,2 x 1 ,2 m à 1 ,5 x 1,5 m 
et construits de pans amovibles puisqu'ils ne servent 
que pour peu de temps. Ces enclos devraient être 
situés dans une partie bien protégée du froid ou dans 
une partie distincte avec prises de courant pour les 
lampes chauffantes qui elles-mêmes devraient être 
suspendues de façon à ne pas être endommagées. 
On utilise dans les enclos de petites boîtes-man- 
geoires ou des seaux de plastique faciles à laver. 
Il faut un enclos pour six à dix brebis du troupeau, 
suivant le système d'exploitation. 



Des installations bien conçues permettront de 
manutentionner les moutons plus rapidement et plus 
facilement. 

Les corrals à moutons ou cours de triage consis- 
tent en une série de cases disposées de façon à 
contrôler le mouvement des bêtes avec un minimum 
d'efforts. Les cases sont de tailles variées et utilisées 
à des fins diverses comme la collecte, rattrapage 
ou la manutention. Elles sont reliées par des barrières 
dans les coins des cases afin que les moutons puis- 
sent être rassemblés dans les coins et qu'on puisse 
les faire passer par les barrières. Pour qu'il soit plus 
facile de diriger les moutons vers certaines aires, les 
cases peuvent avoir plus ou moins la forme d'un 









Engraissement d'hiver avec des nourrisseurs à libre 
accès 



Un nourri sseur à foin pratique 



26 



entonnoir, un côté étant droit et l'autre placé à un 
angle de 35° au moins; ou encore, les cases peuvent 
être munies d'une section amovible permettant de 
réduire la taille de la case et de rassembler les bêtes 
vers l'ouverture. 

Dans un grand nombre de cours, le couloir de 
manipulation est la partie centrale et principale. Les 
moutons sont forcés d'y déambuler à la queue leu 
leu et il peuvent être séparés en groupes grâce à 
des barrières de triage ou retenus pour un traitement 
ou dirigés vers un pédiluve, un vaporisateur, la 
balance ou le point de chargement. 

Le couloir devrait avoir au moins 3 m de long 
et être assez large pour qu'un mouton y passe mais 
pas assez pour qu'il puisse se retourner. Cela exige 
une largeur de 35 à 40 cm pour les brebis et 30 
cm pour les agneaux. Quand il faut manipuler brebis 
et agneaux, les deux côtés peuvent s'incliner vers 
l'extérieur à partir du bas avec une largeur de 23 
à 30 cm au sol et 40 à 45 cm à une hauteur de 
76 cm. On peut encore construire des parois droites 
de largeur égale sur toute la longueur et suspendre 
une cloison d'un côté pour réduire la largeur quand 
on manipule des agneaux 



Il faut bien fermer les murs du couloir (de préfé- 
rence à l'aide de feuilles de contreplaqué) pour éviter 
les ouvertures où les pieds et les cornes pourraient 
se prendre. Les barrières de triage devraient être 
courtes, de 60 à 70 cm afin qu'il soit possible de 
les ouvrir et de les fermer rapidement et facilement. 
On peut contrôler les barrières à partir de l'entrée 
du couloir quand un seul homme exécute l'opération. 

On trouve ordinairement un pédiluve à la sortie 
du couloir. Le sol du pédiluve peut être de béton 
ou de métal mais, de toute façon, il doit être ondulé 
ou courbé afin d'écarter les fentes des sabots. 

Les opérations de tonte exigent trois aires prin- 
cipales: une aire de maintien pour les moutons qui 
seront tondus, une aire de tonte propre et une aire 
de maintien des moutons qui viennent d'être tondus. 
Les installations de manutention existantes peuvent 
aussi être utilisées pour la tonte. 

Les aires de manutention devraient être adja- 
centes au aires de logement ou en faire partie. Il 
est plus économique d'avoir des cases à usages 
multiples. 




Couloir de coupe et enclos de triage 



27 



HYGIENE DU TROUPEAU 



Les moutons sont sujets à divers troubles et 
maladies et leur santé devrait être un des premiers 
soucis du producteur qui veut éviter les pertes ou 
les réduire au minimum. La vaccination et le main- 
tien de conditions hygiéniques ont une grande im- 
portance dans la protection de la santé des bêtes. 
Des sondages ont montré qu'environ 20% des a- 
gneaux nés en Nouvelle-Zélande et en Grande-Bre- 
tagne ne vivent pas plus de quinze jours et un autre 
sondage a montré que des pertes semblables sur- 
viennent en Nouvelle-Ecosse. Dans beaucoup de cas, 
on a constaté qu'une exploitation déficiente du trou- 
peau ou de l'agneau était à la source du problème. 

Les maladies et les troubles qui peuvent at- 
teindre les moutons sont minutieusement décrits 
dans la publication 1481 du ministère de l'Agricul- 
ture du Canada, Maladies du mouton au Canada. 
Nous ferons état ici de celles qui surviennent dans 
la région atlantique et des causes des pertes d'exploi- 
tation. 



CAUSES DES PERTES D'AGNEAUX 
DURANT LES QUINZE PREMIERS JOURS 

Agneaux morts-nés 

Un grand nombre d'agriculteurs semblent croire 
que les agneaux morts-nés sont inévitables. A l'oc- 
casion, une épidémie d'avortements infectieux peut 
entraîner la naissance de morts-nés ou des 
pertes d'agneaux prématurés ou d'agneaux nés à 
terme mais si faibles qu'ils ne survivent pas. Une 
alimentation déficiente de la brebis en fin de gesta- 
tion est une des causes les plus fréquentes de ces 
pertes mais des plus facile à éviter. Une alimentation 
déficiente à ce stade de la grossesse peut entraîner 
la mort du foetus avant la naissance ou dans une 
parturition prolongée, une brebis émaciée peut être 
incapable d'expulser l'agneau assez rapidement. 
Dans le dernier cas, l'agneau peut mourir dans la 
voie génitale ou s'étouffer dans les membranes du 
sac amniotique si la mère épuisée est incapable de 
se lever pour nettoyer le petit. 

Un foetus très gros par rapport à la taille de 
la brebis peut donner lieu à un accouchement pro- 
longé. La taille du foetus peut aussi être le résultat 
d'une suralimentation de la brebis vers la fin de la 
grossesse. 

Inanition 



Il arrive trop souvent que les nouveaux-nés 
meurent de faim. La quantité de lait dans le pis de 



la mère et la qualité de son instinct maternel jouent 
un rôle primordial dans le problème. Une brebis dont 
le pis est plein, se lèvera, nettoyera les agneaux et 
les aidera de ce fait à se mettre rapidement sur pied 
et à commencer à téter. La brebis qui a peu de lait 
s'éloignera souvent de ses agneaux qui ne pourront 
la téter. Les brebis immatures qui agnèlent une pre- 
mière fois et certaines races ou familles doivent 
parfois être surveillées plus étroitement au moment 
de la mise bas. Une quantité excessive de laine sur 
le pis peut empêcher l'agneau de téter. 

Un instinct maternel excessif chez une brebis 
peut l'amener à faire mourir de faim ses propres 
agneaux. Une telle brebis peut attirer et allaiter 
d'autres agneaux que les siens avant de mettre au 
monde les siens ou elle peut laisser n'importe quel 
agneau téter, épuisant la réserve de lait dont sa 
propre progéniture a besoin. 

Cet état de choses peut entraîner des pertes par 
inanition ou d'autres conditions secondaires. Quand 
on se penche sur les problèmes de santé d'un trou- 
peau, il est rarement possible d'isoler un problème 
unique. Dans la plupart des cas, il faut corriger un 
certain nombre de situations connexes avant de ré- 
soudre les problèmes. 



Refroidissement 



Dans certains cas, on peut subir de graves pertes 
à la suite de refroidissement. En général, l'agneau 
d'une brebis bien alimentée, même s'il naît dehors, 
se lève peu de temps après la naissance et commence 
à téter. Cela évite le contact avec un sol froid ou 
mouillé qui entraîne une hypothermie rapide et 
l'épuisement des réserves énergétiques que l'agneau 
a à la naissance. Dans un troupeau où l'apport de 
nutriments est trop bas en rapport avec la récolte 
d'agneaux éventuelle, il peut survenir un pourcen- 
tage élevé de pertes dues au refroidissement. 



Insuffisance de colostrum 



Les anticorps sont l'un des éléments constituants 
les plus importants du colostrum, le premier lait de 
la brebis après la parturition. Parce que l'agneau 
naissant n'est pas immunisé contre les bactéries aux- 
quelles il est subitement exposé il s'en remet aux 
anticorps du colostrum de sa mère pour une protec- 
tion initiale contre l'infection. L'agneau perd rapide- 
ment sa capacité d'absorption des anticorps, par 
conséquent, il importe qu'il reçoive une quantité 
suffissante de colostrum peu après sa naissance, 
sinon il peut mourir de diarrhée ou de pneumonie 
ou cesser de profiter et devenir sujet aux infections. 



28 



Maladies infectieuses du nouveau-né 

Entérite C'est une inflammation de l'intestin 
causée par des organismes pathogènes. Une quantité 
insuffisante de colostrum ou une carence de vitamine 
A chez la brebis en gestation peutent rendre les 
agneaux plus susceptibles à cette maladie. 

Maladie de l'ombilic C'est une maladie du 
nouveau-né et son nom se rapporte au lieu d'entrée 
de l'organisme pathogène. L'ombilic lui-même peut 
être ou ne pas être touché. Le cas échéant, la lésion 
habituelle est un abcès ferme et les vaisseaux om- 
bilicaux se transforment en un cordon dur. Après 
être entrées par l'ombilic, les bactéries empruntent 
les vaisseaux sanguins ombilicaux et entrent dans 
la circulation, provoquant la formation d'abcès mul- 
tiples dans le foie, les poumons ou les articulations. 
Un allaitement tardif, un abri insalubre ou la promis- 
cuité sont des conditions prédisposantes. 

Dysenterie de l'agneau La dysenterie des a- 
gneaux causée par l'une des bactéries du groupe 
clostridia, ne survient pas souvent au Canada. On 
recommande cependant la vaccination des jeunes 
agneaux contre la maladie comme mesure de pré- 
vention. La maladie se caractérise par la mort des 
agneaux entre la naissance et l'âge de six semaines 
avec une diarrhée associée. Dans les cas aigus, la 
diarrhée peut ne pas se manifester. Souvent, comme 
dans d'autres formes d'entérotoxémie, la bête 
mourante montre des signes de douleur intense, 
grince des dents, s'étire et plie la tête contre le flanc. 
La dysenterie des agneaux peut toucher un grand 
nombre d'agneaux si elle survient dans un troupeau 
non vacciné. Souvent la maladie devient plus aiguë 
au fur et à mesure que la saison avance. 

Pneumonie La pneumonie chez les jeunes a- 
gneaux peut être causée par diverses bactéries et 
divers virus. L'infection peut survenir à la suite d'une 
baisse de vitalité et de résistance causée par le refroi- 
dissement, la maladie de l'ombilic ou le manque de 
colostrum. La promiscuité, des conditions insalubres 
et une aération insuffisante sont les principaux 
éléments déterminants de la propagation des bac- 
téries et des virus qui causent la pneumonie chez 
les agneaux à l'abri. Il y a des vaccins contre certains 
organismes qui causent la pneumonie mais leur ef- 
ficacité est douteuse. Il vaut mieux prévenir en soi- 
gnant le logement et en assurant une bonne ventil- 
ation. 



MALADIES INFECTIEUSES DES AGNEAUX 
PLUS ÂGÉS 



Entérotoxémie II s'agit d'une autre entéroto- 
xémie causée par un des organismes clostridia. 
L'agent responsable, présent dans le sol, sur le foin 



et dans l'intestin de la plupart des moutons envahit 
dans certaines circonstances les tissus et secrète des 
toxines très nocives qui atteignent la circulation et 
sont acheminées vers le système nerveux. Avant de 
mourir, l'animal touché manifestera un manque ex- 
trême de coordination et des signes de douleur ab- 
dominale ou de coliques semblables à ceux que 
montre l'agneau plus jeune atteint de dysenterie. Les 
pertes entraînées par la maladie du rein pulpeux 
peuvent être lourdes, comme dans le cas d'autres 
entérotoxémies. Cependant, on peut exercer un con- 
trôle efficace par la vaccination. 

Pneumonie Bien que les pertes dues à la 
pneumonie surviennent chez les moutons et les a- 
gneaux en pâturage, elles n'ont généralement pas 
une grande importance sur le plan économique. Mais 
les pertes peuvent être beaucoup plus lourdes chez 
les troupeaux en bergerie. Les conditions qui con- 
tribuent à la propagation des organismes qui causent 
la pneumonie dans ces troupeaux font l'objet d'un 
exposé dans une partie précédente. 



MALADIES DU MOUTON ADULTE 

Toxémie de la grossesse Connue aussi sous 
le nom de maladie des jumeaux, la toxémie de la 
grossesse est le résultat d'un régime déficient qui 
ne répond pas aux besoins de la brebis au cours 
des six derniers mois de la grossesse. Bien que cette 
maladie puisse suvenir chez une brebis qui ne porte 
qu'un foetus ou dans une brebis infestée de vers, 
la condition est plus fréquente chez les brebis qui 
portent plus d'un foetus et dont les besoins énergé- 
tiques sont trop grands pour que la brebis puisse 
y répondre si elle reçoit une ration mal équilibrée. 
L'augmentation des besoins énergétiques des foetus 
qui croissent rapidement s'accompagnent d'une ré- 
duction d'espace dans l'utérus qui empêche de ré- 
pondre à leurs besoins énergétiques. Il faudrait servir 
des concentrés à haute teneur en énergie au cours 
des 6 dernières semaines de grossesse. Cela aug- 
mente l'absorption d'énergie même si le volume 
d'aliments consommé est réduit. 

La perte d'appétit et d'équilibre, les spasmes 
et la cécité, surtout au cours des 6 dernières semaines 
de gestation, sont des symptômes de la maladie et 
proviennent du fait que la brebis utilise ses propres 
tissus pour essayer de répondre aux besoins énergé- 
tiques des foetus. Ce processus a des répercussions 
sur la musculature de la brebis et donne lieu à la 
formation de sous-produits toxiques. La brebis se 
rétablit souvent rapidement après l'expulsion des 
foetus. Si la brebis est sur le point de mettre bas, 
le retrait des agneaux par césarienne donne ordi- 
nairement de bons résultats. 

Entérotoxémie Bien qu'il s'agisse en général 
d'une maladie des agneaux jeunes ou à l'engrais, 



29 



l'entérotoxémie peut entraîner de lourdes pertes de 
moutons non vaccinés dans certaines circonstances. 
Elle se rattache ordinairement à des changements 
de méthodes d'exploitation, d'expédition ou d'ali- 
mentation. Comme la façon la plus facile de protéger 
les agnelets est de vacciner la brebis pour produire 
un niveau élevé d'anticorps dans le colostrum, il 
s'ensuit que ces brebis sont immunisées contre l'en- 
térotoxémie. Les diverses entérotoxémies et le tétanos 
sont causées par des clostridia. On dispose main- 
tenant de vaccins qui assurent une immunité satis- 
faisante contre huit espèces de clostridia. Comme 
une grande partie du coût de la vaccination est liée 
au rassemblement et à la manipulation du troupeau, 
il est logique d'utiliser un vaccin à large portée même 
si le coût par dose est un peu plus élevé que celui 
des vaccins qui protègent contre un moins grand 
nombre d'espèces de clostridia. 

Mammite II est difficile de dépister préma- 
turément la mammite, infection du pis, et ses tissus 
sont ordinairement détruits avant qu'on ait découvert 
la maladie. Les brebis les plus productives sont aussi 
les plus sujettes et le contrôle de la maladie est 
fonction dans une large mesure des techniques d'ex- 
ploitation. Les conditions qui font qu'un côté du pis 
ou les deux soient trop remplis augmentent les 
dangers de mammite. Parmi ces conditions, on 
compte la séparation prolongée de la brebis et des 
agneaux pendant la période de lactation maximale 
ou lorsque un agneau est enlevé de la mère, que 
l'on emmène dans un autre pâturage. Le pis peut 
devenir trop plein aussi quand une brebis évite d'al- 
laiter à cause de blessures aux tétines. 

Quand il y a mammite, la glande devient rapide- 
ment chaude, gonflée et douloureuse. La brebis 
boite, cesse de manger et peut s'affaisser au bout 
de deux jours. Si elle n'est pas traitée, elle meurt 
ordinairement. Un traitement rapide aux antibioti- 
ques ou aux sulfphonamides ou aux deux ne redon- 
nera probablement pas sa fonction à la glande tou- 
chée mais devrait sauver la brebis. On devrait cepen- 
dant marquer la brebis en vue de l'élimination. 



AUTRES CAUSES DE PERTES 



Troubles dus à des carences 



Le mouton requiert certains éléments en quan- 
tités minimes pour maintenir certains processus 
comme la croissance, la reproduction et la résistance 
aux maladies. L'utilisation par le corps de certains 
minéraux est souvent lié à la présence de vitamines; 
par exemple, la vitamine D est nécessaire à l'absorp- 
tion du calcium. En outre, une déficience en minéraux 
peut prédisposer l'animal à d'autres maladies. Par 
exemple, il existe un lien entre la déficience en cobalt 
et la susceptibilité aux infestations par les vers. Dans 



ce cas, il peut être difficile de déterminer si les a- 
gneaux sont maigres à cause des parasites ou si les 
parasites les ont envahis à cause de leur état affaibli. 

Heureusement, il est relativement facile de re- 
médier aux carences en cuivre, cobalt et sélénium 
au moyen de rations supplémentaires ou par injec- 
tion De même, il est facile et peu coûteux d'ad- 
ministrer aux agneaux les vitamines A, D, et E dont 
ils ont besoin. 

Parasites internes Ils sont une des principales 
causes de pertes au sein des troupeaux de moutons 
et de la lenteur des gains de poids par les agneaux 
en croissance. 

Vers dans l'estomac et les intestins Les 

moutons des entreprises de production ovine ne sont 
jamais complètement libres de ces parasites éven- 
tuellement mortels même si les moutons d'âge divers 
n'y sont pas également susceptibles. Le contrôle 
suppose une ou deux mesures ou une combinaison 
des deux; l'usage de pâturages propres (où il n'y 
avait pas de moutons ou d'agneaux l'année précé- 
dente) pour les brebis qui allaitent des agneaux et 
une purge en moment opportun afin de prévoir les 
moments où les niveaux d'infestation seront élevés. 

Des examens de matière fécale en laboratoire 
permettent de juger rapidement du degré d'infesta- 
tion. Mais bien des producteurs ne profitent pas de 
ce service. Dans leur cas, s'ils ont des doutes au 
sujet de l'étendlje de l'infestation, il importe de 
prendre la précaution de purger les brebis et les 
agneaux de plus de trois semaines avant de les 
transporter dans de nouveaux pâturages. 

Il arrive que la présence de vers adultes dans 
la voie intestinale d'un mouton provoque chez lui 
l'immunité, qui empêche alors la propagation du 
parasite. C'est pourquoi les vieux moutons qui pais- 
sent sur les mêmes pâturages depuis leur jeune âge 
n'ont presque pas de parasites tandis que les agneaux 
qui n'ont pas cette immunité succombent. 

Les moutons transportent parfois pendant tout 
l'hiver des milliers de vers immatures qu'ils ont ab- 
sorbés sur les pâturages d'automne; ces vers restent 
inactifs jusqu'à ce que les conditions leur permettent 
de se développer et d'atteindre la maturité. C'est 
pourquoi des moutons qui ont été purgés à l'automne 
et qui ont bien passé l'hiver se détériorent subitement 
et périssent même, si on ne reconnaît pas la cause 
de leur état et si on ne les traitent pas. Le stress 
est un facteur important qui contribue à affaiblir la 
résistance des moutons et permet aux vers qui sont 
déjà dans leur organisme de se développer. Les 
périodes de plus grand stress surviennent chez les 
brebis adultes au moment de l'agnelage et chez les 
agneaux quand on les place dans les parquets d'en- 
graissement. Afin d'éviter les pertes dans ces circon- 
stances, il faut laisser aux vers le temps de se déve- 
lopper puis les éliminer avant qu'ils puissent infliger 



30 



des pertes. La purge du troupeau de brebis devrait 
se faire environ 10 jours après l'agnelage et dans 
le cas des agneaux à l'engrais, de 10 à 14 jours 
après l'introduction des aliments solides. Le médica- 
ment s'administre sous forme de breuvage ou d'in- 
jection. 

Coccidiose L'organisme qui cause cette mala- 
die est un parasite à cellule unique qui se propage 
quand les aliments sont contaminés par de la matière 
fécale infectée. Le parasite envahit les membranes 
internes des intestins de l'animal, détruisant les tissus 
et provoquant une hémorragie. Un grand nombre 
de moutons adultes transportent l'organisme sans 
sembler en souffrir mais leurs excréments peuvent 
contaminer les aliments et propager l'organisme chez 
des agneaux prédisposés à la maladie. La période 
critique se situe donc quand les agneaux sont âgés 
d'environ 6 semaines et qu'ils commencent à prendre 
les aliments solides. Si les brebis manquent de lait, 
leurs agneaux auront moins de résistance et parce 
qu'ils ont faim, ils mangent plus d'aliments solides 
et deviennent plus susceptibles de contracter la ma- 
ladie. On ne peut trop insister sur la nécessité de 
litières et de sols propres. 

Parasites externes Les moutons sont vulné- 
rables à des agressions par diverses espèces d'in- 
sectes et il peut en résulter une perte de condition, 




une valeur réduite du produit de la tonte et, parfois 
la mort d'un animal. 

Ces parasites externes ont une taille qui varie 
des poux minuscules aux tiques du mouton qui n'ont 
pas d'ailes et ont à peu près la taille d'une mouche 
ordinaire. 

Poux et tiques L'histoire de la vie de ces para- 
sites est uniforme puisque, dès leur naissance, ils 
sont tout aussi actifs que les adultes; les poux pro- 
viennent d'oeufs et les tiques de chrysalides. Les 
deux peuvent causer des irritations graves en mor- 
dant, en suçant et en se promenant dans la laine 
et sur la peau. Les agneaux nouveaux-nés sont sou- 
vent contaminés par leur mère. Une importante in- 
festation de tiques vampires peut entraîner l'anémie 
des jeunes agneaux. 

Mouches vertes de la viande et mouche du 
mouton Ces bestioles pondent leurs oeufs dans les 
blessures causées par la castration, les morsures de 
chiens, les éraflures de tonte et chez les béliers 
adultes, les blessures à la tête subies au cours de 
combats. La laine sale sur la croupe des agneaux 
qui ont la diarrhée attirent aussi les mouches pon- 
deuses. A l'occasion, des oeufs sont pondus dans 
de la laine propre. L'éclosion des oeufs jaunâtres 
survient au bout de vingt-quatre heures environ et 
les larves ou asticots se nourrissent d'abord des 
sécrétions de la laine, puis elles envahissent les 
tissus, provoquent des écoulements secondaires qui 
attirent à leur tour d'autres mouches pondeuses. Si 
les moutons ne sont pas traités, ils sont attaqués 
par des générations successives d'asticots. Les 
moutons atteints sont souvent agités, frappent du 
pied, mordent la région touchée, la frottent, se lè- 
vent, se couchent et tournent en rond. Ils recherchent 
souvent l'ombre ou une végétation dense. La laine 




Administration de remèdes a des moutons et vaccina- 
tion 



Mouton après voir subi un tratement contre les 
mouches 



31 



qui recouvre la région atteinte perd son lustre et il 
semble souvent qu'on ait renversé une teinture grise 
sur le dos de l'animal. Le traitement consiste à tondre 
de près la région touchée, à enlever les larves à l'aide 
d'un désinfectant doux ou d'un bain pour moutons 
puis à vaporiser ou à traiter la région touchée avec 
un antiseptique insecticide. Si possible, isoler les 
moutons jusqu'à ce que les lésions soient guéries. 

Oestre du mouton La mouche adulte est 
active à partir du mois de mai et jusqu'aux premiers 
gels mortels de l'automne. Par temps ensoleillé, elle 
pond ses oeufs dans les narines des moutons les 
forçant à agiter la tête et à rechercher un abri. L'inter- 
ruption de la paissance réduit le rendement. Bien 
qu'on ne la considère habituellement que comme 
gênantes sans plus, les larves qui se trouvent dans 
les chambres nasales peuvent parfois causer des 
abcès; l'infection se propage au cerveau causant une 
méningite fatale. Il est difficile de contrôler cet in- 
secte. Cependant, des remises obscures ou des pâ- 
turages agrémentés de bosquets denses offrent un 
certain abri aux moutons et leur permettent d'échap- 
per à ces insectes. 



EXPLOITATION 
DU TROUPEAU 



Dans une entreprise de production ovine, de 
bonnes techniques d'élevage, d'alimentation, d'hy- 
giène et de commercialisation sont indispensables 
à une bonne gestion. L'objectif général devrait être 
de produire la meilleure qualité possible d'agneau 
et de laine au prix le plus bas. 

Chaque producteur doit établir le système de 
gestion et de commercialisation qui convient le mieux 
à son exploitation. Des études économiques ont 
montré que les producteurs que l'on juge bons ex- 
ploitants réalisent toujours un profit; ceux qu'on juge 
moyens sont ceux qui obtiennent un profit quand 
les rapports coût-rendement sont favorables et qui 
perdent quand les rapports ne le sont pas. Ceux que 
l'on a jugé mauvais exploitants sont ceux qui subis- 
sent régulièrement des pertes. En général, les en- 
treprises de production ovine réussissent ou échouent 
en fonction des normes de gestion. 



SOIN DE L'AGNEAU NOUVEAU-NÉ 



des brebis mettent bas de 2 à 3 heures après le 
début du travail. Celles qui ne le font pas devraient 
avoir de l'aide. 

Après la naissance, il faut retirer le mucus de 
la bouche et des narines de l'agnelet nouveau-né 
et lui nettoyer l'ombilic avec de l'iode ou un autre 
désinfectant pendant toute une minute. Il faudrait 
placer l'agnelet près de la tête de la mère. Ordinaire- 
ment, celle-ci le nettoie en le léchant. Pour les raisons 
exposées dans la partie sur l'hygiène du troupeau, 
il est très important que l'agnelet obtienne du colos- 
trum dans l'heure qui suit la naissance. Il faut aider 
l'agnelet à téter au besoin. Toucher le pis de la mère 
pour voir s'il contient du lait; s'il y en a peu, laisser 
l'agnelet téter une autre brebis qui vient d'agneler 
jusqu'à ce que le lait de la mère commence à couler. 

Si l'agnelet nouveau-né se refroidit, il faut l'es- 
suyer soigneusement et le placer dans un endroit 
chaud, par exemple, dans une boîte près d'un poêle 
pendant environ une heure. On peut encore le placer 
dans de l'eau chaude (aussi chaude que le coude 
peu supporter) pendant quelques minutes après quoi 
il faudrait l'essuyer énergiquement avec un sac de 
jute ou un linge. Une lampe chauffante placée à 75 
cm au-dessus du coin de la case est très utile par 
temps froid. Quand on s'occupe d'une agnelet re- 
froidi, il faut veiller à le rendre à sa mère dès qu'il 
est réchauffé, autrement, elle pourra le rejeter. 

Il vaut mieux confier à une autre brebis, l'agnelet 
orphelin ou celui qui a été rejeté par sa mère. Les 
brebis reconnaissent d'abord leurs agneaux à l'odeur. 
Pour faire en sorte que l'agnelet soit accepté par 
sa mère adoptive, on peut essayer les moyens sui- 
vants: frotter l'agnelet avec un peu de son lait; frotter 
l'agnelet sur le museau de la brebis; mettre un peu 
de térébenthine sur son museau; garder brebis et 
agnelet dans une case pendant quelques jours; tenir 
la brebis pendant que l'agnelet tète à quelques re- 
prises; placer un chien près de la brebis pour susciter 
son instinct maternel; si la brebis adoptive a perdu 
un agnelet, placer la peau de ce dernier sur celui 
qu'on veut lui faire adopter. Si pour une raison quel- 
conque, il faut élever l'agnelet au biberon ou par 
un autre moyen artificiel les deux premiers jours, lui 
donner de 1 5 à 30 mL de lait aux deux heures. On 
peut maintenant se procurer du lait de remplacement 
utilisable dans les grands troupeaux Dans les petits 
troupeaux, du lait entier de vache tiédi convient bien. 
Augmenter progressivement la quantité de lait à 22 
mL et le temps entre les tétées pour n'avoir plus 
que trois tétées par jour à la fin de 1 jours. 



La période de gestation chez la brebis est d'en- 
viron 147 jours. Au fur et à mesure que le temps 
de l'agnelage approche la brebis devient très lourde 
d'apparence et le pis se modifie considérablement. 
La brebis qui semble sur le point de mettre bas devrait 
être isolée dans un enclos propre et sec. La plupart 



EXPLOITATION DES AGNELETS 

Il faudrait que les brebis et leurs agneaux restent 
dans leurs enclos d'agnelet jusqu'à ce que les ag- 
neaux soient forts et que leur mère s'en occupe bien. 



32 



On peut les laisser sortir avec d'autres brebis qui 
ont agnelé un peu avant. Il faut que ces groupes 
soient restreints aussi longtemps que possible (quand 
la saison d'agnelage se prolonge). Séparer les brebis 
qui ont des agneaux de celles qui n'en ont pas. De 
préférence, il faut séparer aussi les brebis qui n'ont 
qu'un agneau de. celles qui ont des jumeaux. Cela 
facilite l'application d'un programme différent d'ali- 
mentation pour chaque groupe. 



IDENTIFICATION 

Il faudrait marquer l'agneau à des fins d'iden- 
tification dans les 3 ou 4 jours qui suivent sa nais- 
sance (ou avant qu'il quitte la case d'agnelage). On 
exige cette identification pour les agneaux de race. 
Des peintures de tatouage ou de petites étiquettes 
fournies par des maisons de fournitures pour bétail 
sont le plus souvent utilisées à cette fin. L'utilisation 
d'une étiquette de couleur différente chaque année 
facilite l'identification des bêtes par l'âge. Quelle que 
soit la méthode utilisée, il faudrait inscrire le numéro 
de l'agneau dans la fiche du troupeau à côté du 
numéro de la mère et de celui du père. La fiche 
devrait aussi porter le sexe de l'agneau, sa date de 
naissance et indiquer s'il s'agit d'une naissance 
unique, de jumeaux ou de triplets. On peut faire une 
entaille à l'oreille pour indiquer qu'il s'agit d'une 
naissance multiple. 

L'enregistrement des moutons de race est fait 
au Bureau national canadien d'enregistrement du 
bétail. On peut obtenir à ce bureau les formules de 
demande d'enregistrement et de transfert de pro- 
priété. Les lettres de tatouage assignées à l'éleveur 
sont placées à l'oreille droite tandis que le numéro 
d'identité individuel de l'agneau et la lettre appro- 
priée de l'année ("H" pour 1 976 par exemple) sont 
placées à l'oreille gauche (1H, 2H, 3H etc). Quand 
on utilise des étiquettes au lieu de tatouages, il faut 
utiliser la même méthode (lettres du troupeau, lettre 
de l'année et numéro de l'agneau). Il faut que les 
agneaux soient identifiés de cette façon avant le 1 er 
septembre de l'année de leur naissance pour être 
admissibles à l'enregistrement. 



AMPUTATION DE LA OUEUE 



Il faut amputer la queue pour des raisons de 
propreté et pour réduire les infestations de mouches 
et de larves. 

Certains producteurs préfèrent l'utilisation d'une 
bande élastique appliquée à l'aide d'un instrument 
qui s'appelle "élastrateur". Quand on place l'anneau 
sur la queue, on supprime la circulation et la queue 
se nécrose et tombe en 2 ou 3 semaines. L'agneau 
souffre très peu si on le fait les 24 ou 48 heures 



après la naissance. On ne recommande pas cette 
méthode pour les agneaux nés tardivement puisqu'il 
existe un léger risque d'infection ou d'infestation par 
les mouches, vu qu'il reste une petite blessure pen- 
dant un jour ou deux, une fois la queue tombée. 

On utilise aussi un instrument connu sous le nom 
de "burdizzo" pour l'amputation de la queue. Il faut 
tenir l'agneau sur sa croupe. Un assistant tient les 
pattes gauches de devant et d'arrière d'une main 
et les pattes droites de l'autre. On repousse légère- 
ment la peau vers le corps et le burdizzo est ensuite 
fermé sur la queue de l'agneau à la deuxième articu- 
lation à partir du corps. Puis on coupe la queue à 
l'intérieur des mâchoires fermées avec un couteau 
bien affûté. On étale du goudron de pin sur la bles- 
sure ouverte pour arrêter le saignement et éviter les 
infestations de larves et l'infection. Il faut laisser le 
burdizzo sur la queue pendant quelques secondes 
avant de le relâcher. Il faut ensuite déposer l'agneau 
sur ses quatre pattes afin qu'il ne touche pas le sol. 

On peut aussi faire l'amputation avec un couteau 
bien affûté. 



CASTRATION 



Il y a de bonnes raisons de laisser les agneaux 
maies intacts. Ils croissent plus rapidement et don- 
nent de meilleurs résultats que les béliers châtrés; 
il n'y a pas de distinction dans les catégories d'abat- 
toirs quand on les classe sur rail et on peut plus 
facilement faire la sélection des agneaux mâles à 
retenir comme reproducteurs quand on a fait les 
épreuves de taux de gain, qu'à la naissance quand 
on pratique la castration. Tout porte à croire que les 
agneaux mâles produisent une carcasse contenant 
plus de viande que les petits béliers châtrés ou les 
agnelles. 

Si les agneaux mâles ne sont pas châtrés, il faut 
les séparer des brebis quand ils atteignent un poids 
de 27 à 34 kg autrement, ils ne cessent d'ennuyer 
les brebis et les gains du troupeau en sont réduits. 
Les brebis et les petits béliers pourraient aussi s'ac- 
coupler. 

Bien que les petits béliers gagnent du poids plus 
rapidement et qu'ils soient plus efficaces, on fait 
ordinairement la castration pour les raisons suivantes: 

• les agneaux châtrés ne sont pas aussi agités que 
les agneaux non châtrés et ils engraissent plus 
rapidement. 

• après le sevrage on peut laisser les béliers châtrés 
et les brebis ensemble, ce qui supprime la nécessité 
de deux pâturages. 

• le prix des béliers, châtrés ou non, dépend surtout 
du marché. 



33 



Il faut châtrer les béliers avant qu'ils n'aient un 
mois et de préférence entre une et deux semaines. 
La castration au burdizzo ne provoque aucun écoule- 
ment sanguin et ne laisse pas de plaie ouverte. Cet 
instrument broie les cordons testiculaires sans léser 
la peau externe. Les testicules sont ensuite graduelle- 
ment absorbées et disparaissent en quelques se- 
maines. Quand on utilise le burdizzo, il faut veiller 
à ce que l'instrument soit placé bien au-dessus du 
testicule parce que l'opération ne réussira pas si 
on broie le testicule au lieu du cordon. Il faut broyer 
chaque cordon séparément et ne pas toucher à la 
région centrale du scrotum, autrement les vaisseaux 
sanguins pourraient être endommagés et l'infection 
qui s'ensuivrait peut être fatale. Il faut examiner les 
agneaux quelques semaines après l'opération afin 
de s'assurer qu'il n'y a pas eu "d'accident". 

Une bande élastique appliquée au scrotum près 
du corps avec "l'élastrateur" est une autre façon 
de castrer les agneaux mâles. Si on a recours à cette 
méthode, il faudrait castrer 48 heures après la nais- 
sance. On peut utiliser l'élastrateur pour "raccourcir'' 
le scrotum des petits béliers. Cette méthode provoque 
l'infertilité mais n'influence pas la croissance. Pour 
raccourcir le scrotum, on repousse les testicules 
contre le corps et on applique l'anneau de caoutchouc 
autour du scrotum, sous les testicules. 

Bien des producteurs préfèrent encore la méthode 
la plus ancienne de castration — un bon couteau. 
Avec cette méthode, on coupe le tiers inférieur du 
scrotum et on retire les testicules. Cette méthode 
cause un saignement et expose la bête aux dangers 
de l'infection et des infestations de larves. 



ainsi dans beaucoup de pâturages communautaires 
dans la région atlantique où des essais ont démontré 
que peu de parasites se transmettent entre moutons 
et bovins. L'argent consacré à l'érection de clôtures 
pour contrôler la paissance est ordinairement de 
l'argent bien placé. 



SEVRAGE 

Qu'il soit tôt ou tard, il vaut toujours mieux qu'il 
soit rapide. Tôt, il réduit le taux de charge du pâ- 
turage et favorise une croissance plus rapide et plus 
uniforme des agneaux. Il est également nécessaire 
pour épuiser le lait des brebis qui font partie d'un 
programme d'accouplement accéléré. On peut très 
bien sevrer les agneaux une fois qu'il ont atteint un 
poids de 1 1 kg mais on les laisse ordinairement avec 
leur mère pendant 8 à 1 2 semaines. 

Les agneaux en pâturage devraient être sevrés 
peu après la floraison de l'herbe de pâturage ou 
quand elle est desséchée ou rare. A ce moment-là, 
la production de lait de la brebis est faible et les 
agneaux grandiront plus rapidement et de façon plus 
uniforme avec de l'herbe propre, par exemple, ce 
qui reste après la coupe du foin ou dans un parc 
d'engraissement. 



FINITION DES AGNEAUX POUR LE 
MARCHÉ 



ALIMENTATION 



Les agneaux croissent plus rapidement dès leur 
jeune âge si à partir de deux semaines, on leur fournit 
une mangeoire à laquelle seuls les agneaux ont accès. 
Un supplément de céréales offert à la dérobée con- 
tribue à soulager un peu la brebis qui allaite. Pour 
encourager la consommation, il faut que la ration 
soit fraîche et agréable au goût. En outre, avant la 
saison du pâturage, il faudrait que les agneaux aient 
accès à du bon foin feuillu ou à des aliments ensilés, 
dont de préférence, des légumineuses. 

Dans la région atlantique, on met les agneaux 
en pâturage avec les brebis quand le pâturage est 
disponible. Un système recommandé est celui de la 
paissance à la dérobée par roulement qui permet aux 
agneaux de paître avant les brebis pour obtenir de 
l'herbe fraîche et propre. Quand on garde aussi des 
bovins on fait alterner les bovins et les moutons de 
façon à ce que les brebis et les agneaux paissent 
sur un sol où il y a eu du bétail mais non des moutons 
de l'année précédente. C'est un moyen efficace 
d'éviter le plus possible le parasitisme. On procède 



Dans les Maritimes en général, on devrait s'ef- 
forcer d'élever sur pâturage autant d'agneaux que 
possible jusqu'au poids du marché. Cependant, ce 
n'est pas toujours possible, et les agneaux sevrés 
qui ne sont pas prêts pour le marché et pour lesquels 
on ne dispose pas de pâturage propre et frais 
devraient être finis dans un parc d'engraissement, 
aussi rapidement que possible. 

Les agneaux qu'on place en parc d'engraisse- 
ment devraient être vaccinés contre l'entérotoxémie. 
Il faut leur donner d'abord du foin de bonne qualité, 
puis leur présenter ensuite pendant 14 jours une 
ration de céréales grossièrement hachées, en com- 
mençant par 1 25 g de céréales par jour qu'on aug- 
mente progressivement au cours des 1 4 jours jusqu'à 
ce que soit atteint le niveau de ration complète de 
1,3 kg par tête. Cette ration de finition peut être 
plus basse en protéines que toute ration initiale mais 
il faut maintenir à un niveau constant sa teneur 
énergétique. Il faudrait que de l'eau propre et fraîche 
soit disponible en tout temps. 

Les carcasses d'agneau fini devraient peser entre 
16 et 25 kg pour une meilleure chance de vente 
au marché. Le pourcentage d'habillage des agneaux 



34 



finis aux céréales devraient s'échelonner entre 48 
et 50%, un peu moins chez les agneaux finis aux 
herbes. Le poids vif optimal rétréci à l'abattoir se 
situe entre 36 et 50 kg. On devrait s'attendre à une 
diminution de 3% du poids vif chez les agneaux 
pendant qu'ils sont transportés vers le marché. Ce- 
pendant, le poids vif ne peut pas être le seul critère 
d'acceptabilité pour le marché. Le fini ou couche de 
gras a aussi de l'importance. On peut l'estimer en 
plaçant la main étendue sur les reins et en vérifiant 
la couche de gras qui recouvre l'échiné. Quand on 
sent de l'ondulation sous les doigts qui avancent et 
reculent le fini est insuffisant. Certains acheteurs 
expérimentés vérifient aussi la couche de gras dans 
la région de la queue ou de la poitrine. 

On peut nourrir de la même façon les agneaux 
à l'engrais achetés et les agneaux sevrés du pâturage, 
mais les premiers peuvent être très fatigués et in- 
quiets à l'arrivée et selon les circonstance, il peut 
survenir certaines pertes. Dans de tels cas, l'addition 
d'un antibiotique à la ration de céréales est justifiée. 



SOINS DE LA BREBIS A L'AGNELAGE 



Quand on tient des registres et qu'on marque 
les brebis au moment de l'accouplement, les pré- 
paratifs de l'agnelage sont simplifiés; autrement, il 
faut s'en remettre aux signes avant-coureurs de l'a- 
gnelage (nervosité, pis tendu et enfoncement devant 
les hanches) pour effectuer les préparatifs. 

L'utilisation d'enclos d'agnelage individuels 
permet de réduire les pertes dues au piétinement 
et au manque d'intérêt de la part de la mère. La 
brebis et l'agnelet devraient normalement rester dans 
leur enclos un jour ou deux. Si l'agnelet est très petit 
et faible ou si on a de la difficulté à le faire accepter 
par la mère, ils peuvent y passer plus de temps. 
Quand les brebis mettent bas au pâturage, on n'uti- 
lise les enclos d'agnelage que dans certains cas isolés 
difficiles. 



DIFFICULTÉS A L'AGNELAGE 1 



ACCOUPLEMENT 



Il est idéal de maintenir les brebis grâce à une 
ration de gavage (page 1 6) pendant toute la période 
d'accouplement afin d'éviter la résorption du foetus. 

Pour faciliter l'accouplement, il faut couper la 
laine et les morceaux desséchés autour de la région 
génitale. Si la queue de la brebis n'a pas été ampu- 
tée, il faudrait aussi tondre la queue. 



GESTATION 



Pendant la gestation, du foin de qualité raison- 
nable peut répondre aux besoins nutritifs de la brebis 
jusqu'à 6 semaines environ avant l'agnelage. Tou- 
tefois, les agnelles et les brebis âgées ou maigres 
auront besoin d'un supplément et il faut les placer 
dans des enclos séparés. Un ensilage de bonne qua- 
lité peut remplacer le foin à raison d'environ 3 ou 
4 parties d'ensilage pour 1 partie de foin, par poids. 

Au cours des six dernières semaines de gestation 
il faudrait ajouter un supplément de fibres aux céréa- 
les. La ration répond aux besoins énergétiques de 
la brebis et à celles d'un foetus qui se développe 
très rapidement. L'addition du supplément réduit les 
possibilités de toxémie de la grossesse, augmente 
la production du lait et donne des agneaux plus gros 
et plus vigoureux à la naissance. L'exercice est im- 
portant lui aussi pour éviter une quantité de graisse 
excessive qui donne souvent lieu à difficultés au 
moment de la mise bas. 



La plupart des producteurs ne jugent pas bon 
de laisser une brebis faire des efforts pendant des 
heures avant de vérifier la position de l'agnelet. Si 
les premières eaux se sont écoulées et qu'elle ne 
donne pas naissance au petit en 30 minutes, il fau- 
drait la prendre, la renverser et l'examiner. 

Avant d'introduire les mains dans le vagin de 
la brebis, il faut se couper les ongles et se laver les 
mains avec un désinfectant. Se lubrifier les mains 
avec de l'huile de colza brute ou une huile minérale 
légère. Chaque fois que l'éleveur estime qu'une 
situation est au delà de sa compétence, il doit solli- 
citer l'aide du vétérinaire. 

Il existe deux ou trois situations possibles au 
moment de l'agnelage. Celui qui sait y faire face 
n'aura aucune difficulté dans la plupart des varia- 
tions. Voici les principles variations et la façon de 
procéder. 

Cas n . 1 : Explulsion difficile II s'agit d'une 
naissance normale, mais à cause de la taille de l'a- 
gnelet ou du vagin resserré chez la brebis, l'agnelet 
mourra probablement avant la mise bas. 
Se placer debout derrière la brebis, face à la queue. 
Placez une patte de l'agnelet en extension. Ensuite, 
tout en tirant légèrement sur cette patte avec la main 
gauche, repoussez la peau de la brebis sur le front 
de l'agnelet avec la main droite. Ensuite, recouvrez 
le cou de la main droite et tirez sur l'agneau vers 
l'avant pour 2,5 à 5 cm tout en continuant de tirer 
sur la patte avant de la main gauche. On peut main- 
tenant étendre la deuxième patte sans danger. Ter- 
minez en tirant les deux pattes et le cou. 



'Source The Grain Grower; décembre 1966 



35 



On aura tendance à étendre les deux pattes au 
début. Or, dans cette position, la partie la plus 
épaisse des pattes s'oppose au front de l'agnelet, 
ce qui rend l'agnelage plus difficile et inutilement 
pénible pour la brebis. 

Cas n° 2: Pattes de devant repliées Cette 
position est celle d'une naissance normale, sauf 
qu'une patte de devant est repliée. Si c'est la patte 
droite, couchez la brebis sur le flanc droit. La patte 
repliée est maintenant la plus haute. Prendre la même 
position que dans le cas no. 1 . Étendre la patte de 
devant, repoussez la peau sur la tête et tirez l'agnelet 
d'environ 2,5 cm. 

Maintenant, l'épaule do la patte arrière sera 
coincée derrière la partie supérieure des os pelviens 
de la brebis. Tirez sur l'agnelet en lui imprimant en 
même temps un mouvement de torsion. On y par- 
vient en tirant la patte vers le haut et la tête vers 
le bas. On ressent une petite secousse quand l'épaule 
franchit les os pelviens, après quoi il suffit de tirer 
droit vers soi. 

Si la patte gauche de l'agneau est repliée, placez 
la brebis sur le flanc gauche. Toujours maintenir la 
patte repliée en position supérieure. Il importe d'ap- 
prendre cette méthode, puisqu'elle peut simplifier 
les choses dans d'autres cas. 

Certains éleveurs repoussent parfois l'agneau 
dans la brebis afin d'attrapper l'autre patte et la tête 
quitte alors la ceinture pelvienne et rend l'agnelage 
très difficile. 



Voir le cas n° 5 

Cas n° 3: Aucune apparition des pieds Si 

seule la tête paraît, vérifiez si l'une des pattes ou 
les deux sont repliées au genou. Il est facile de les 
accrocher du doigt. Quand on ne sent pas les pattes, 
les deux sont repliées à partir de l'épaule. Si la tête 
est de taille normale, repoussez-la derrière les os 
pelviens. Glissez les doigts le long du cou et au- 
dessus de l'épaule, accrochez la patte et ramenez 
la vers-l'avant. 

Redressez maintenant la patte à l'articulation du 
genou, en pressant avec les doigts et le pouce. Il 
faut maintenant tirer la patte un peu afin de ramener 
le pied au-delà des os pelviens. Redressez la tête 
et la faire passer doucement au-delà des os. 

Une fois la tête sortie, tirez la patte et procédez 
comme dans le cas n° 2. 

Cas n° 4: Le gros agnelet Si la brebis est 
incapable de mettre bas un gros agnelet à cause d'un 
obstruction au niveau des os pelviens, c'est souvent 
parce que le front de l'agnelet ne repose pas sur 
l'échiné de la brebis. Il est difficile de la redresser 
si la brebis est sur le flanc et que la tête de l'agneau 



est tournée vers le haut. Solution : Retournez la brebis 
afin que la tête de l'agnelet soit tournée vers le bas. 
Si les deux pattes ont passé, repliez une patte et 
l'agneau devrait sortir facilement. Procédez comme 
dans le cas n° 2. 

Il arrive souvent que la brebis ne puisse expulser 
facilement un agnelet à grosse tête et grosses épaules 
qui se présente bien (pieds du devant le long du 
museau). Les brebis émaciées, vieilles et faibles par- 
ticulièrement ont souvent besoin d'aide. Dans ce cas, 
il faut déplier les pattes une à la fois puis les tirer 
ensemble d'une main, pendant qu'on fait glisser deux 
doigts de l'autre main sur le front de l'agnelet et 
derrière ses oreilles en étirant les lèvres de la vulve. 
Cette méthode peut exiger une force considérable, 
mais elle réussit ordinairement. Il est bon de laisser 
la brebis expulser l'agneau une fois les épaules 
sorties, mais si elle en est incapable, retirez le len- 
tement. Placez le nouveau-né à sa tête où elle peut 
le nettoyer. Si elle ne le reconnaît pas et qu'elle ne 
commence pas immédiatement à le lécher, approchez 
de force son museau près de l'agnelet pour l'y en- 
courager. 

Quand on tire sur un agnelet à grosses épaules, 
il est beaucoup plus facile de tirer vers la gauche 
ou la droite. Quand on tire droit vers soi, les omo- 
plates sont exactement à l'opposé l'une de l'autre 
et à leur plus large, si bien qu'il faut les écraser assez 
fort pour leur permettre de passer la ceinture pel- 
vienne. Quand on imprime un mouvement de torsion 
à l'agnelet, la position des omoplates se modifie et 
il leur est plus facile de passer. 

Cas n 5: La tête n'apparaît pas La tête est 
souvent repliée le long des côtes si seuls les pieds 
de devant paraissent. Placez la brebis sur le flanc 
afin que la tête de l'agneau soit dirigée vers le haut. 
Repoussez l'agneau assez loin pour lui redresser le 
cou et pour que la tête repose sur l'échiné de la 
brebis. Procédez alors comme dans le cas n° 1 . 

Cette opération peut cependant être très difficile 
et on appréciera peut-être d'autres suggestions. 
Quand les pattes sont dépliées au travers de la cein- 
ture pelvienne, il est souvent presque impossible de 
redresser le cou et de faire passer la tête. Si elle 
s'engage et qu'on tire les pattes, la tête glisse or- 
dinairement de nouveau vers la position initiale (ou 
vers le pis de la brebis) et les efforts persistants mais 
peu heureux deviennent de plus en plus ennuyeux. 
Dans ce cas, faîtes glisser des noeuds de corde sur 
chaque cheville et repliez la patte dans l'utérus en 
s'assurant, bien sûr, qu'une longueur suffisante de 
corde dépasse. Ensuite, quand les épaules de l'ag- 
nelet n'obstruent plus lembouchure interne de la 
ceinture pelvienne, tirez la tête jusque dans le bassin 
avec la paume de la main et ramenez les pattes avant 
en tirant sur la corde. 

On peut utiliser de la broche à foin pour tirer 
la tête s'il est impossible de la guider avec la paume. 



36 



Il faut que cette broche soit grosse et exempte de 
rouille. Faites un noeud et glissez-le sur la tête de 
l'agneau en le plaçant derrière les oreilles. Ensuite, 
quand les pattes de devant sont tirées par les cordes, 
la tête sera guidée, menton vers le haut, dans le 
bassin en tirant le fil. Il faut faire glisser le noeud 
sur la tête de l'agnelet avec grand soin. Avant de 
tirer, assurez-vous qu'il n'est pas coincé dans un 
replis de la paroi utérine pour éviter la rupture de 
l'utérus et la perte de la brebis. 

Certains agnelets sont tellement gros par rapport 
au conduit pelvien que même en guidant la partie 
antérieure de l'agnelet avec cette méthode, la brebis 
ne parvient pas à mettre bas. Les fortes tailles com- 
binées du poitrail et de la tête et des pattes avant 
dépliées sont excessives. Dans ce cas, il faut re- 
tourner l'agneau à l'intérieur de l'utérus et le retirer 
par les pattes arrières. C'est ordinairement possible, 
bien qu'il soit parfois difficile de retourner l'agneau. 
Des aides peuvent soulever le derrière de la brebis 
afin de permettre à l'éleveur de trouver les pattes 
arrière et de les attacher. 

A moins que l'éleveur soit certain qu'il n'y a 
eu aucune abrasion ou déchirure de la paroi utérine, 
il faudrait faire suivre l'expulsion d'un agnelet de 
cette façon par une injection de pénicilline à la brebis. 

Cas n° 6: Pattes arrière en premier II est 

facile de faire sortir les pattes arrière mais l'agnelet 
reste souvent coincé. Évitez de casser des côtes. 
Faites balancer les pattes d'un côté à l'autre en tirant. 
Une fois que les côtes de l'agnelet sont exposées, 
il est facile de le retirer. Essuyez rapidement le liquide 
sur le museau afin d'éviter que l'agnelet se noie. 

Cas n° 7: Apparition de la queue Repoussez 
l'agnelet au-delà des os pelviens jusqu'à ce qu'on 
sente l'articulation du jarret de la patte arrière. Faites 
un crochet avec les doigts au-dessus de la patte et 
redressez la du pouce. Tirez le pied au-delà des os 
pelviens. Faire de même avec l'autre patte. Procédez 
de la même façon qu'au cas n 6. 

Cas n 8: Agnelet en travers Parfois l'agnelet 
est placé en travers de l'entrée des os pelviens. On 
ne peut sentir que le dos. Repoussez l'agnelet afin 
de pouvoir sentir dans quel sens il est placé. Si la 
tête et les pattes avant sont plus près des os, repous- 
sez l'agnelet et tirez-le comme dans le cas no 4. 
Autrement retirez d'abord la tête, comme dans le 

O o 

cas n 6. 

Cas n° 9: Des jumeaux se présentent en 
même temps De deux à quatre pieds peuvent 
paraître. Seuls les pieds dépassent les os pelviens, 
complication résultant ordinairement du fait que le 
premier agnelet est placé de travers. 

D'abord, trouvez les pattes et la tête de l'un 
des agnelets. Procédez en repoussant les agnelets 
assez loin pour que la main ressorte une patte. Mettre 



une ficelle à la patte pour éviter le mélange. Repous- 
sez le deuxième agnelet et délivrez le premier. Dans 
certains cas, il peut être plus sûr de repousser la 
deuxième patte et de procéder comme dans le cas 



n 2. 



Retirez les agnelets rapidement. Retirez l'agnelet 
le plus facile en premier. 

Cas n 1 : Des jumeaux dont l'un se présente 
les pattes arrière en premier Quand on est certain 
que ce sont des pattes arrière, il est ordinairement 
plus sûr de délivrer l'agnelet replié en premier. Tenez 
les pattes arrière et repoussez la tête et les pattes 
avant. 

L'éleveur doit juger lequel des jumeaux sera le 
plus facile à délivrer en premier. Tout dépend de 
la position de l'agnelet. 

La mise bas naturelle vaut toujours mieux. Ne 
pas tirer sur l'agneau à moins que la brebis ne soit 
en difficulté. Si la brebis peine depuis une heure 
et qu'aucune partie de l'agnelet ne paraît encore ou 
s'il y a manifestement une difficulté, n'hésitez pas 
à venir en aide à ia brebis. 

Tirez toujours vers l'extérieur et un peu vers le 
bas. Faites coïncider vos efforts avec ceux de la brebis 
qui surviennent à des intervalles plus ou moins régu- 
liers. 



LACTATION 



C'est la tétée qui porte la plus grande atteinte 
aux réserves de la brebis, surtout quand il y a des 
jumeaux. Les brebis qui allaitent ont besoin de foin 
et d'eau propre à volonté. Elles doivent avoir accès 
en tout temps à des minéraux en bloc ou en vrac. 
En outre, il faut continuer de leur donner la ration 
de céréales qu'elles recevaient immédiatement avant 
la mise bas. Si les installations le permettent, accor- 
dez un traitement de faveur aux brebis qui allaitent 
des jumeaux, tant aux premiers stades que lorsque 
le troupeau est logé et ultérieurement au pâturage. 



APRÈS LE SEVRAGE 



A partir du sevrage des agneaux et jusqu'à 
l'étape du gavage, on peut très bien ne donner aux 
brebis qu'une ration de maintien. Elle peut être ob- 
tenue au pâturage et bien que cette ration ne suffise 
pas aux agneaux en période de croissance, elle con- 
vient aux brebis sèches. Il faut, pendant cet inter- 
valle, continuer à fournir des minéraux. 

A l'automne, avant le nouvel accouplement, il 
faut choisir des remplaçantes aux brebis. C'est une 



37 



époque où des dossiers précis et complets sont très 
précieux. Les brebis qui produisent peu, qui ont un 
pis endommagé ou la bouche abimée doivent être 
éliminées. Si on veut faire du progrès, il faut que 
les brebis remplaçantes soient éventuellement plus 
productives que les autres. 




a) Patte repliée 

b) Tête repliée 

c) Arrière-train d'abord 

d) A l'envers ou de biais 

e) jumeaux se présentant en même temps 



Figure 5: Quelques présentations anormales décrites 
dans le texte 



bélier (de 55 kg et plus) de 15 à 25 brebis. C'est 
la méthode utilisée le plus fréquemment dans les 
provinces de l'Atlantique. Pour ménager le bélier, 
on peut pratiquer l'accouplement à demi-temps. 
Quand on a recours à ce système, le bélier est avec 
les brebis 1 2 heures par jour. 

Dans certains cas spéciaux on pratique l'accou- 
plement individuel. On amène les brebis au bélier 
et après l'accouplement, on les ramène au troupeau. 
Cette méthode n'est pas pratique dans la plupart des 
cas. 

Pour éprouver la fertilité d'un bélier, il faut lui 
enduire le poitrail et la poitrine d'un mélange d'acre 
et d'huile avant de la lâcher dans le troupeau. On 
peut aussi lui faire porter un harnais qui marque les 
brebis. Après une période de 1 6 à 1 8 jours, la couleur 
utilisée pour marquer doit être changée. Si beaucoup 
de brebis sont de nouveau marquées, il y a lieu de 
changer de bélier. 

A la fin de la saison d'accouplement, retirez les 
béliers du troupeau et gardez — les dans les abris 
distincts. 



TONTE ET PRÉPARATION DE LA LAINE 



Le produit annuel de la tonte est une source 
supplémentaire de revenu pour le producteur, mais 
dans la plupart des cas, on ne lui accorde par l'impor- 
tance que justifient les revenus. 

La laine produite dans les provinces de l'Atlan- 
tique a la réputation de contenir peu de fibres in- 
désirables et en raison du climat sa teneur en graisse 
est moindre et elle rétrécit moins quand on la traite 
que la laine produite ailleurs au Canada. 

Pour que le produit de la tonte soit de bonne 
qualité, il faut que le troupeau soit en bonne santé. 
Les moutons émaciés et malades sont difficiles à 
tondre et leur laine est ordinairement de qualité 
médiocre. 



GESTION DU BÉLIER 



Il faut faire mener au bélier une existence frugale 
et ne pas le laisser engraisser. Il faut le mettre au 
troupeau de 145 à 150 jours avant la date fixée 
par le producteur pour le début de l'agnelage. La 
méthode d'accouplement dépend de la taille du trou- 
peau et de l'âge et de la vigueur du bélier. Quand 
on pratique l'accouplement en troupeau (c'est-à-dire 
qu'on laisse le bélier en liberté chez les brebis) un 
bélier de l'année bien développé ou un bélier plus 
âgé saillit de 40 à 50 brebis par saison; un jeune 



Un producteur peut augmenter son revenu en 
choisissant ses animaux d'élevage parmi des béliers 
et des brebis qui ont déjà produit des toisons lourdes 
et propres exemptes de jarre, de fibre, noire et grise. 

En général, la tonte est plus facile au cours des 
premiers jours chauds du printempts. A cette époque 
la teneur en huile ou en graisse de la toison est élevée 
si bien que les ciseaux glissent plus facilement dans 
la toison. Dans la région atlantique, la tonte com- 
mence à la fin de mars et se poursuit en avril et 
en mai. 

On recommande de faire la tonte peu après 
l'agnelage, compte tenu du temps et des installations 



38 



disponibles. Un troupeau doit avoir été tondu avant 
d'être placé au pâturage d'été; on n'encourage pas 
la tonte en juin parce que la laine commence à tomber 
et que le temps chaud rend les moutons mal à l'aise. 
Les brebis pleines ne doivent être tondues que par 
une personne qui a beaucoup d'expérience en la 
matière. Toute brusquerie à ce moment-là pourrait 
entraîner une naissance prématurée ou une présen- 
tation anormale. 

Des tondeuses à moteur ou des ciseaux élec- 
triques de divers genres sont les plus utilisés pour 
la tonte. La tonte est une technique qui ne se maîtrise 
qu'avec l'expérience. 

Un grand nombre de propriétaires de troupeaux 
font tondre leur troupeaux par des spécialistes à 
forfait qui peuvent faire le travail dans un minimum 
de temps. Le seul inconvénient c'est que les spécia- 
listes ne sont pas aussi nombreux qu'ils le devraient 
et qu'ils ne sont pas toujours libres au moment voulu. 

Bien des propriétaires enferment leurs moutons 
dans la bergerie ou la remise le soir qui précède la 
tonte. On s'assure ainsi qu'ils resteront secs même 
s'il pleut pendant la nuit. De plus, s'ils se touchent 
de près, les moutons transpirent et la laine à tendance 
à se dresser, ce qui facilite l'enlèvement de la toison. 

De bonnes méthodes d'alimentation permettent 
d'éviter que la toison soit pleine de débris, de graines 
et de paille (utiliser les râteliers d'alimentation recom- 
mandés et ne pas transporter le foin et la litière 
au-dessus du dos des moutons). 

Les moutons doivent être secs au moment de 
la tonte et la laine tondue doit être placée dans un 
entrepôt sec. La laine humide au moment de la tonte 
ou qui le devient avant l'expédition moisit et sa valeur 
diminue. Il faut donc la placer dans une catégorie 
médiocre. Il faut tondre sur une surface propre, ex- 
empte de tout ce qui pourrait adhérer à la toison. 

Il y a bien des méthodes de tonte; la "méthode 
de Nouvelle-Zélande'' semble assez pratique. Quelle 
que soit la méthode, c'est l'habilité avec laquelle on 
exécute la technique qui importe. Quand on tond, 
le but est de retirer la toison tout d'une pièce. Il 
faut donc maîtriser le mouton en tout temps pendant 
la tonte. Dans la méthode de Nouvelle Zélande, le 
tondeur maîtrise le mouton et le maintient en place 
à l'aide de ses pieds et de ses jambes; il a donc 
les deux mains libres pour tenir les ciseaux et bien 
tendre la peau du mouton pendant que la laine est 
retirée. Il ne faut jamais tirer sur la laine pendant 
la tonte; il pourrait en résulter des coupures graves. 
Il faut tenir les ciseaux à un angle de 45° pour obtenir 
les meilleurs résultats. 

Il faut placer la toison tondue du côté cuir sur 
une table dont le dessus est fait de planchettes ou 
de treillis léger. On secoue la toison pour que les 
débris et saletés tombent au sol. 



Les parties pleines de graines, de laine enchevê- 
trée, de fibres grises et noires et d'autres parties 
inutilisables doivent être retirées. Il faut emballer 
séparément les toisons imparfaites. Quand tous les 
corps étrangers ont été retirés la toison est prête à 
être attachée. Pliez chaque côté vers le centre et 
roulez-le à partir de l'arrière vers le cou, en gardant 
le paquet compact et propre, côté cuir à l'extérieur. 
Quand on utilise cette méthode la laine de qualité 
supérieure est à l'extérieur du paquet. Chaque paquet 
devrait être attaché avec de la corde de papier. Il 
ne faut jamais utiliser de corde à balle ou de corde 
de sisal; leurs fibres peuvent se mêler à la laine et 
ne peuvent être retirées dans le processus de trans- 
formation, ce qui réduit la valeur de la toison. Si 
on ne dispose pas de corde de papier, on peut utiliser 
comme le font certains producteurs de la laine ou 
attacher la toison avec le poil du cou. 



CLASSEMENT DE 
LA LAINE 



La laine produite dans les provinces atlantiques 
est de la catégorie domestique de l'Est et la catégorie 
et la classe sont déterminées par le diamètre, la 
longueur et la force de la fibre et par l'état général 
et la propriété de la toison. 

La laine de l'Est se divise en deux catégories: 
spéciale (couleur claire, peu de corps étrangers et 
fibre longue) et ordinaire (couleur plus foncée, plus 
de corps étrangers et fibre courte). Les classes sont 
ordinaire et vêtement, selon la longueur et la force 
de la fibre. Des fibres de laine mesurent 5 cm ou 
plus; celles de la laine à vêtement sont de moins 
de 5 cm. La laine abimée ou qui contient trop de 
corps étrangers est placée dans l'une des catégories 
suivantes: 

A balles et à noeuds, à bourres, à feutrés, à 
flocons, de laine morte et endommagée et de laine 
jarreuse. 

Les catégories suivantes sont répandues dans la 
région atlantique et voici les races qui donnent la 
laine de ces catégories 

Laine % carde du Canada — Suffolk, Hampshire, 
Shropshire, Dorset 

Laine Va carde du Canada — Oxford, North 
Country Cheviot 

Laine % carde du Canada — Leicester 

Laine grossière du Canada — Scottish Blackface 

Laine grise et noire du Canada — Suffolk 



39 



CLASSEMENT DE 
L'AGNEAU ET 
DU MOUTON 



Les normes fédérales de classement assurent 
l'uniformité du classement des carcasses dans tout 
le Canada. Il s'ensuit qu'un acheteur n'importe où 
au Canada peut commander par classe et être certain 
d'obtenir la qualité qu'il veut. 

En 1 974, a été institué un système fédéral révisé 
de classement pour le mouton établissant cinq classes 
de qualité: Canada A, B, et C pour l'agneau et 
Canada D et E pour le mouton. Celui-ci supprime 
les limites de poids pour les carcasses d'agneau qui 
faisaient partie des anciens règlements et permet aux 
producteurs d'élever des agneaux plus lourds et plus 
en chair sans s'exposer à une sanction. Il prévoit 
aussi quatre niveaux de gras pour les agneaux de 
classe A: le Canada A1 est le moins gras, A4 le plus 
gras. Il y a deux catégories pour les agneaux de classe 
C et quatre catégories pour le mouton de classe D, 
suivant la teneur en muscle et en gras. Le Canada 
E désigne une carcasse de mâle adulte. Les précisions 
concernant les classes des carcasses d'agneau et de 
mouton sont données au tableau 4. 

Le ministère canadien de l'Agriculture assure des 
services de classement à tous les abattoirs inspectés 
par l'État au Canada. Bien que les règlements ne 
rendent pas obligatoire le classement des carcasses 
d'agneaux, ils exigent que toutes les carcasses clas- 
sées le soient conformément à des normes fédérales. 
Il est donc rare que les carcasses soient classées et 
marquées officiellement sauf quand le détaillant 
l'exige ou quand on commande des carcasses d'une 
classe particulière. 



ECONOMIE ET 
COMMERCIALISATION 



L'objectif principal de l'élevage du mouton est 
la production du plus grand nombre possible de bêtes 
par brebis, ou par superficie de pâturage, compte 
tenu des frais en cause. La laine contribue aux profits 
qu'assure l'élevage des moutons, mais elle est de 
moindre importance dans la région de l'Atlantique. 
On peut également faire l'élevage des moutons à 
cause de la contribution qu'il peut apporter à l'amé- 
lioration du sol où se pratique la rotation des récoltes, 
ou simplement en vue d'assurer le bon états des 
pâturages permanents. Les deux facteurs les plus 
importants du revenu sont le pourcentage de produc- 
tion des agneaux au moment de la vente, et la rapi- 
dité de la croissance. Le coût du fourrage représente 
la part la plus considérable du placement. 



Un sondage effectué auprès de 40 troupeaux 
de toutes grandeurs dans quatre comtés situés dans 
l'est du centre de la Nouvelle-Ecosse, et s'étendant 
sur une période de deux ans, à compter du moment 
de l'accouplement à l'automne de 1 970 jusqu'à celui 
de la vente des agneaux en 1 97 1 , a révélé que même 
si la moyenne de production a été faible, on a con- 
staté une variation considérable d'un troupeau à 
l'autre. Les meilleurs troupeaux avaient donné d'ex- 
cellents résultats. Le succès semblait être en fonction 
de la qualité de la gestion plutôt que de la grandeur 
du troupeau, de la date de la mise bas ou de la 
race des moutons. Voici un tableau illustrant les 
conclusions de ce sondage : 



Le profit 
Moyenne Troupeau à le plus 
de tous marge élevé pour 
les moyenne n importe 
trou- la plus quel 

peaux élevée troupeau 



Agneaux nés vivants/ 1 00 
brebis accouplées 

Agneaux vendus / 1 00 
brebis accouplées 

Profit moyen /agneau 

Bénéfice net' / brebis 
accouple 

Coût variable / brebis 
accouplée 

Marge brute 2 / brebis 
accouplée 

Bénéfice net /ha de 
fourrage 

Coût vanable/ha de 
fourrage 

Marge brute/ha de 
fourrage 



107 



132 



173 



90 132 163 

$20,20 $27.60 $ 30,00 

$20,01 $36,00 $ 38,28 

$12,20 $ 9,66 $ 22,91 

$ 7,81 $26,34 $ 26,34 

$67,41 $89,87 $212,63 

$41,07 $24,09 $114,28 

$26,29 $65,78 $ 98,35 



'Montant rapporté par les ventes moins les coûts d achat 
'Bénéfice net moins les coûts variables 







r._* e -j$g:*>!*&r. 



40 



TABLEAU 4: DESCRIPTION DES CLASSES DE CARCASSES D'AGNEAU ET DE MOUTON 



Classe Musculature 



Chair 



Texture 



Couleur 



Gras 



Texture 



Couleur 



Distribution 



Agneau 
A-1A-4 



Excellente; 
gigots dodus, dos 
large et épais, 
épaules épaisses 



fine 



varie du ferme blanc A1 légère couche externe, 

roseau quantité de gras 

rouge pâle pelvien et de gras aux 

reins de petite à moyenne 

A2: surface externe bien 

couverte; légèrement plus 
de gras pelvien et de gras 
aux reins que A1 

A3 Carcasse complète- 
ment recouverte; quantité 
de gras pelvien et de gras 
aux reins va de moyenne 
à grande 

A4: couche externe de gras 
excessive; quantité de 
gras aux reins et de gras 
pelvien va de grande à 
excessive 



C1 



C2 



bonne; épaisseur 
moyenne, gigots, 
dos et épaules 
légèrement étroits 



fine ou 

modérément 

grossière 



varie du 
rose au 
rouge pâle 



ferme à 
modéré- 
ment mou 



blanc à 
rougeâtre 
ou ambre 



moyenne, gigots. 


grossière 




rouge 


ferme à 


blanc à 


dos et épaules 






foncé 


molle 


jaune 


étroits 












faible; minceur 


extrèment 




rouge 






extrême, angulanté 


molle, grossière 


très 






des hanches et 


beaucoup d 


eau 


foncé 






et des épaules 













Couche légère à 
moyenne; quantité 
petite à moyenne de 
gras aux reins et de gras 
pelvien En général, pas 
de quantité excessive de 
gras 

Couche légère à 
considérable; gras 
interne peut être 
insuffisant ou excessif 

Il peut ne pas y 
avoir de couche 
externe de gras 



D1 



Excellente, 
gigots dodus 
dos large et épais, 
épaules épaisses 



ferme 



rouge 


ferme 


blanc à 


Couche externe 


modérément 


fragile 


crème 


mince; quantité 


foncé 






moyenne de gras 
pelvien et de gras aux 
reins mais aucun 
pourcentage excessif 



D2 



D3 



D4 



bonne; épaisseur 


ferme à 


varie du 


moyenne Gigots, 


molle 


rouge moyen 


dos et épaules un 




au rouge 


peu minces 




foncé 


moyenne, gigots 


molle 


rouge 


minces, concaves 


beaucoup 


foncé 


épaules 


d'eau 




étroites 






faible; 


molle 




étroitesseet 


grossière 




angulanté extrêmes 


beaucoup d'eau 





Couche externe 
éventuellement in- 
férieure ou supérieure 
à D1 , mais aucun 
pourcentage excessif de gras 

Quantité de gras 
externe et interne peut 
varier de légère à 
excessive 

Il peut y avoir ou ne 
pas y avoir de gras 
externe ou interne 



très grossière rouge très foncé 



41 



L'étude de ces données démontre à quel point 
la marge brut est fonction du pourcentage d'agnelage 
au moment de la mise en marché. Bien que les coûts 
et les prix se soient accrus depuis que ce sondage 
a été effectué, les chiffres relatifs à la marge brute 
sont encore valables. 

Le producteur doit faire tout ce qu'il peut tant 
par le choix des brebis que par le gavage pour assurer 
la naissance du plus grand nombre possible d'a- 
gneaux et de réduire au minimum les pertes d'a- 
gneaux, grâce aux bons soins, à une alimentation 
convenable et à des soins hygiéniques assidus. Au 
fait, le troupeau avec la marge brute par brebis la 
plus considérable n'avait subi aucune perte d'a- 
gneaux au cours de la période qui a fait l'objet du 
sondage. 

De plus, il convient de noter la variation du 
bénéfice moyen par agneau Bien que l'habileté à 
marchander puisse y être pour quelque chose, l'écart 
entre le rendement maximum et le rendement moyen 
indique clairement l'importance de pouvoir vendre 
la plupart des agneaux, sinon tous, comme bétail 
à l'engrais plutôt que comme bétail de marché. De 
fait, le poids et la qualité sont importants 

Dans la région de l'Atlantique, les profits les 
moins coûteux sont ceux réalisés sur le bétail en 
pâturage. La variation des frais de production dé- 
montre que certains propriétaires de troupeaux font 
des achats considérables de fourrage en des moments 
non opportuns. Les besoins les plus pressants de 
nourriture se font sentir au moment du gavage, im- 
médiatement avant la mise bas, et pendant la période 
d'allaitement. Toute alimentation supplémentaire de 
la brebis à d'autres moments représente un gaspil- 
lage presque total. 

La valeur la plus importante est probablement 
celle qui représente la marge brute de profit par 
brebis dans les meilleurs troupeaux ($26,34). Elle 
démontre ce qui peut être accompli grâce à une 
gestion habile. Elle détermine un but, déjà atteint 
d'ailleurs, que tout propriétaire de troupeau devrait 
s'efforcer d'atteindre. 



MARCHÉ EN NOUVELLE-ECOSSE 



En Nouvelle-Ecosse on a élevé environ 18 000 
agneaux pour le marché, en 1975, mais seulement 
4405 d'entre eux ont été vendus par l'entremise 
d'abattoirs assujettis à l'inspection. Qu'en a-t-il été 
des autres? 

Environ 3500 jeunes brebis ont été conservées 
pour alimenter le troupeau (en supposant un taux 
de remplacement de 20%). Le nombre d'agneaux 
abattus dans les fermes était évalué à 2800, celui 
des agneaux vendus à 1 500, et le nombre de brebis 



vendues pour l'élevage, à 500. Cela veut dire que 
le nombre d'agneaux de marché vendus vivants aux 
bouchers et aux abattoirs locaux s'élevait à environ 
5300 

A la lumière de ces chiffres, on peut conclure 
que la commercialisation des agneaux peut se faire 
de diverses façons. La vente des agneaux à l'engrais 
en Nouvelle-Ecosse s'est accrue au fil des ans. 
Chaque année la vente d'agneaux à l'engrais à Truro 
attire les acheteurs du Québec et de l'Ontario, de 
même que les acheteurs locaux, et les prix ont tou- 
jours été satisfaisants. 

La vente des agneaux au temps de Pâques 
semble s'améliorer d'année en année en Nouvelle- 
Ecosse. Quelques-uns de ces petits agneaux se ven- 
dent sur le marché de Montréal, alors qu'un certain 
nombre trouve preneurs dans les régions d'Halifax 
et de Sydney. 

La vente d'agneaux à l'engrais s'est accrue en 
Nouvelle-Ecosse au cours des dernières années. En 
1975, environ 100 ont été vendus au Nova Scotia 
Sheep Fair and Sale De ce nombre environ 30% 
ont été expédiés à d'autres régions du Canada ou 
aux États-Unis. Dans le passé cependant, la commer- 
cialisation de l'agneau était mal organisée en Nou- 
velle-Ecosse. Voici quelques-unes des raisons de cette 
situation: 

• En moyenne les troupeaux sont petits 

• Un petit nombre d'agneaux seulement est mis en 
vente chaque fois 

• On dispose des agneaux de diverses façons (abat- 
tage à la ferme, abattage par les bouchers locaux, 
vente des bêtes sur pied, ou encore abattage dans 
les abatoirs inspectés). 

• Les frais de transport et de manutention peuvent 
être élevés. 

• Il n'existe aucune agence centrale pour le rassem- 
blement, le groupement et la vente des agneaux. 

La vente de la laine en Nouvelle-Ecosse est ef- 
fectuée par l'entremise de la Nova Scotia Wool Board. 
Cet office joue le rôle de vendeur et prend des dispo- 
sitions pour la vente de la laine aux diverses fabriques 
de la région de l'Atlantique. Dans les provinces de 
l'Atlantique, la laine provenant de la Nouvelle-Ecosse 
est vendue à la société Briggs and Little, de Harvey 
Station (N.-B); à la compagnie William Condon and 
sons, de Charlottetown, à la compagnie McAus- 
land's, de Bloomfield (l.-P.-É), à la Stanfield's 
Woolen Mills, de Truro (N.-É.) et à la Canadian 
Coopérative Wool Growers, de Toronto. 



42 



MARCHÉ AU NOUVEAU-BRUNSWICK 



On estime à environ 50% le nombre d'agneaux 
produits au Nouveau-Brunswick qui ont été achetés 
par les bouchers ou les acheteurs de bestiaux locaux 
pour consommation locale. Quelques producteurs 
d'agneaux ont abattu leurs propres agneaux pour les 
vendre directement au consommateur. Le nombre 
d'agneaux abattus dans les abattoirs inspectés par 
les autorités fédérales représentait environ 30% des 
agneaux vendus. Environ 10% des agneaux vendus 
pour la consommation sont allés au Québec. De ce 
nombre, un tiers a alimenté le marché de Pâques, 
ou marché du printemps, à Montréal, lequel requiert 
des agneaux de faible poids. Au fait, cela signifie 
des agneaux bien charnus, de 7 à 1 semaines, gras, 
et pesant, de 18 à 22 kg. La plupart proviennent 
des races Suffolk, North Country Cheviot, Dorset ou 
Hampshire, ou de croisements entre ces diverses 
races. Au Nouveau-Brunswick, les agneaux sont 
d'ordinaire chargés sur des camions à la ferme et 
transportés directement à Montréal. 

Environ 10% des agneaux ont été vendus à des 
encans locaux à Florenceville et Sussex. 

Quelques agneaux à l'engrais ont été vendus 
à des acheteurs de Nouvelle-Ecosse, du Québec et 
de l'Ontario, mais très peu de moutons reproducteurs 
sont sortis du Nouveau-Brunswick au cours des der- 
nières années. 

Au cours de 1975, un paquet d'engraissement 
coopératif a été établi dans la province, et environ 
800 agneaux venant de 25 producteurs ont été 
engraissés à point et vendus par l'entremise de cette 
entreprise. 

Pendant plusieurs années, la fabrique Bnggs and 
Little, de Harvey Station, a préparé la plus grande 
partie de la laine produite au Nouveau-Brunswick. 

Bien que des chiffres précis ne soient pas dis- 
ponibles, on sait que la production de laine brute 
au Nouveau-Brunswick, au début des années 1970, 
se fixait annuellement à environ 22,6 tonnes mé- 
triques, ce qui représentait une valeur d'environ 
$35 000 selon les prix de 1 974. 

Au cours des quelques dernières années, il s'est 
manifesté un intérêt marqué pour les peaux de 
moutons tannées par les éleveurs. 



étaient les consommateurs locaux, le Maritime Cattle 
Market, de Truro (N.-É.), et les îles françaises de 
Saint-Pierre-et-Miquelon. 

La production d'agneaux avait diminué pour 
plusieurs années à l' île-du-Prince-Édouard, soit 
jusqu'en 1973, bien qu'on ait relevé une légère 
aumentation du nombre des agneaux, lequel est 
passé de 4100 qu'il était en 1 973, à 4600 en 1 975. 
Sauf pour un certain nombre d'agnelles qu'on gardait 
pour assurer le replacement des troupeaux de repro- 
duction, environ 4200 agneaux ont été abattus en 
1975. De ce nombre total, 1650 agneaux ont été 
abattus dans les abattoirs inspectés par les autorités 
fédérales, et 1 52 dans des abattoirs inspectés par 
les fonctionnaires provinciaux. Environ 500 à 600 
agneaux ont été expédiés vers le marché de prin- 
temps, de Montréal, et environ 600 ont été vendus 
aux acheteurs des îles Saint-Pierre-et-Miquelon. Le 
reste de ces agneaux ont été probablement vendus 
par l'entremise du Maritime Cattle Market, de Truro, 
par vente directe du producteur au consommateur, 
ou pour consommation dans les fermes. 

La tonte annuelle était d'environ 12,7 tonnes 
métriques de toison en suint. A l'Ile-du-Prince- 
Édouard on compte deux fabriques qui utilisent de 
la laine de l'Ile ou de la laine importée, mais jusqu'à 
ces dernières années une part considérable de la tonte 
était expédiée à des fabriques de la terre ferme ou 
à la Canadian Wool Growers Co-operative, de Toronto. 
En 1975, les deux fabriques de l'Ile-du-Prince- 
Édouard (Condon's et MacAus/and) ont acheté à peu 
près toute la tonte. En 1974, la Sheep Farmers 
Co-operative de l'Ile-du-Prince-Édouard a été établie. 
Elle reccueillait la laine produite par les membres 
de la coopérative, on la filait et la vendait aux divers 
consommateurs de la région de l'Atlantique. 



MARCHÉ DE L'ILE-DU-PRINCE-ÉDOUARD 



Antérieurement, la plupart des agneaux produits 
à l' Île-du-Prince-Édouard naissaient tard au prin- 
temps, broutaient tout l'été dans les pâturages et 
étaient vendus à l'automne. Les principaux acheteurs 



MARCHÉ À TERRE-NEUVE 



Au cours de 1 975 environ 9000 agneaux prêts 
pour le marché ont été conservés comme brebis de 
remplacement. 

A cause de l'isolement géographique de cette 
province, un faible pourcentage seulement du 
nombre total d'agneaux vendus l'ont été aux abat- 
toirs de Saint-Jean inspectés par le gouvernement 
fédéral. Environ 300 ont été abattus sur commande 
dans l'un des trois abattoirs locaux, et vendus direc- 
tement par les producteurs à des grossistes ou à des 
détaillants. Ces abattoirs, qui sont possédés et ex- 
ploités par la Newfoundland Farm Products Corpora- 
tion, société de la Couronne, ne sont pas soumis à 
l'inspection fédérale ni outillés pour effectuer le clas- 
sement. En outre, 300 agneaux de commercialisation 
et brebis déclassées ont été vendus sur pied à 
l'encan à des bouchers à Gaskiers ou St. Bridges 



43 



en 1975. De plus, 375 agneaux de commer- 
cialisation ont été expédiés à Saint-Pierre; cependant, 
ce nombre ne représentait que 12% de la demande 
actuelle d'agneaux dans cette île française. 
On estime qu'environ 60% des agneaux vendus dans 
cette province sont achetés vif par les bouchers. Les 
autres 40% sont abattus dans les abattoirs particu- 
liers, ou abattus sur commande dans les abattoirs 
locaux, et vendus par les producteurs. 

Terre-Neuve, où la pluie est abondante, possède 
une vaste étendue de pâturages naturels incultes. 
Cependant, les conditions climatiques rigoureuses ne 
permettent pas la culture des céréales. La quantité 
limitée de déchets fourragers et le prix élevé des 
céréales importées contraignent les éleveurs de 
moutons à compléter l'engraissement des agneaux 
en les faisant paître. 

La production limitée du fourrage rend néces- 
saire, pour la plupart des producteurs, une période 
d'agnelage retardée (avril et mai). La plupart des 
agneaux se vendent directement du pâturage, alors 
que l'animal est encore plutôt léger, pesant de 14 
à 20 kg. 

A l'heure actuelle il n'y a pas de fabriques de 
lainages à Terre-Neuve. Les éleveurs de moutons 
doivent vendre toute leur production de laine à des 
fabriques de l'extérieur de la province, notamment 
des provinces Maritimes. En 1973, environ 17,2 
tonnes métriques de laine ont été expédiées à des 
fabriques de lainages des provinces Maritimes. Quel- 
ques envois de faible quantité ont aussi été expédiés 
à la Canadian Co-operative Wool Growers, de Carie- 
ton Place (Ont). Une partie assez importante de la 
production de laine de la province demeure invendue 
à cause du taux élevé des frais de transport et de 
la difficulté de trouver pour l'expédition de la laine 
des récipients qui soient conformes aux normes de 
la Division de la protection des végétaux du ministère 
fédéral de l'Agriculture. A cause de la présence du 
nématode doré et de la tumeur verruqueuse de la 
pomme de terre à Terre-Neuve, des mesures ont été 
prises pour prévenir ces maladies, y compris l'utilisa- 
tion de récipients non usagés pour l'expédition de 
toutes denrées de cette province. 



S&t.jtJ! 




CHIEN BERGER 



Un chien berger bien dressé présente un grand 
avantage car il rend la tâche de garder le troupeau 
ou de le déplacer beaucoup plus facile pour le berger. 
En général on recommande d'acheter un chien de 
berger dressé, car cela fait épargner du temps et 
des efforts, mais on peut épargner de l'argent et 
faire une expérience très enrichissante en achetant 
un jeune chien qu'on dressera soi-même. 

Tout chien est naturellement chasseur, et c'est 
de cet instinct de la chasse modifié par la race, le 
dressage et l'obéissance, qu'on tire avantage en le 
faisant travailler. C'est ce même instinct qui pousse 
les chiens à devenir des tueurs féroces si on les laisse 
faire à leur guise. 

Les loups, les coyotes et les chiens sauvages 
chassent d'ordinaire en groupes de deux, et les chiens 
domestiques sentent aussi le besoin d'un compagnon 
de chasse. Leur besoind'un compagnon est encoreplus 
important pour eux que leur besoin de nourriture. 
C'est en mettant à profit ce besoin très prononcé 
d'un compagnon qu'on parvient à imposer sa volonté 
au chien dressé. Avec la présence assidue de son 
maître, le chien apprend à comprendre ses ordres, 
ses gestes et ses coups de sifflet, et en vient de 
cette façon à apprendre si son maître est content 
ou non. 



SÉLECTION 



Bien que diverses races de chien puissent être 
dressées à garder les moutons, le Border Collie est 
celui qu'on préfère. Cette race de petits chiens tire 
son nom des Borders, région montagneuse de pâ- 
turages située entre l'Angleterre et l'Ecosse. Très peu 
de Border Collies se ressemblent; ils sont tous de 
taille différente, ont un pelage long ou court, et sont 
de couleur noire ou blanche ou blanche et rousse, 
avec quelques taches feu ou grises. Leur caractéris- 
tique propre est de se plaire à garder le bétail, et 
c'est précisément celle que le berger recherche. Si 
l'on achète un jeune chien, on aime bien à savoir 
comment on réussira à le dresser, et par conséquent 
il faut faire en sorte de voir son père et sa mère 
et quelques chiens adultes de même race qui gardent 
déjà les moutons. Cela fait, on fera bien de regarder 
jouer le jeune chien et d'essayer de l'effrayer en 
battant des mains. On pourra ensuite faire son choix 
parmi ceux qui ne bronchent pas. En somme l'ap- 
parence générale du chien importe peu, mais un 
animal à poil court amassera moins de saletés et 
travaillera plus confortablement au soleil qu'un chien 
à poil long, épais et soyeux. 



44 



DRESSAGE DE BASE 

Dans tout travail d'équipe un des travailleurs 
doit dominer, et il faut faire savoir à votre chien dès 
le départ que c'est vous qui allez occuper le poste 
de commande au sein du groupe. Il importe d'établir 
dès le début des liens de camaraderie. Si nécessaire, 
gardez votre chien dans une niche ou attaché dans 
l'étable, pour éviter que les gens s'en approchent, 
surtout les enfants. Nourrissez-le vous-même, ne lui 
ménageant ni les caresses ni compliments, répétant 
sans cesse son nom, et l'emmenant avec vous dans 
votre camion chaque fois que vous le pourrez. Votre 
chiot se plaira beaucoup de votre compagnie, et il 
aura tôt fait d'apprendre à vous admirer, à vous 
respecter et vous obéir. 

En communiquant avec votre chien, il est néces- 
saire d'utiliser deux tons différents: l'un affectueux 
(roucoulement) quand il s'agit d'exprimer votre satis- 
faction, pour l'accueillir ou le faire entrer, l'autre, 
plus semblable à un grondement, pour exprimer votre 
mécontentement. La première fois que votre chiot 
désobéira, saisissez-le par la peau du cou, secouez-le, 
et parlez-lui sur un ton grondeur, un peu comme 
le ferait sa mère; dorénavant, avec un peu de chance 
et de soin, aucune forme de punition plus sévère 
ne devrait être nécessaire. Il faut savoir réprimander 
le chiot au besoin, de même que l'encourager s'il 
le mérite. De cette façon, l'animal apprendra davan- 
tage à obéir avec joie. 

Pour faire revenir le chiot à vous, appelez-le par 
son nom. Tous les ordres doivent être brefs et 
écourtés. Évitez d'utiliser des mots qui se ressemblent 
trop. Par exemple, si le chiot s'appelle Boubou, n'es- 
sayez pas de le faire se lever en disant "Debout." 

Il est facile d'apprendre à un chiot de six mois 
à lâcher prise sur commande. Avec un bout de ficelle 
à ballot à la main, dites au chiot: "Couché!" Posez 
en même temps un pied sur un bout de la ficelle 
et saisissez-en l'autre bout De votre main libre, 
appuyer doucement la ficelle sur les épaules du chiot 
pour le forcer à se coucher au sol. Puis, caressez-le 
en disant sur un ton approbateur: "Bon chien!" Si 
le chiot essaie de se relever, dites d'un ton sévère: 
"Couché!", et tenez la corde bien raide vous assurant 
que le chiot demeure cloué au sol. 

Vous pouvez utiliser le même bout de ficelle pour 
apprendre au chiot à marcher à l'ordre. Si le chiot 
se laisse traîner ou tire sur la corde, dites-lui d'un 
ton sévère: "A l'ordre!", et tirez d'un coup sec sur 
la ficelle. Si le chiot obéit, n'oubliez pas de le caresser 
et de lui montrer votre satisfaction. Il est préférable 
de ne pas utiliser l'ordre "Arrête! ", puisque 
"Couché!" veut dire la même chose. 

Pour dresser le chiot à revenir tout droit à vous 
quand vous le rappellerez, déposez-le sur le sol et 
éloignez-vous lentement en répétant l'ordre 



"Couché!", et si le chiot se prépare à bouger, répétez 
le commandement sur un ton grondeur. Une fois 
que vous vous serez éloigné de quelques pieds, 
arrêtes-vous pour quelques instants, et donnez le 
commandement: "Viens!", en appelant le chiot par 
son nom sur un ton amical, et éloignez-vous en 
courant. Cette manoeuvre devrait faire revenir le chiot 
à toute vitesse. Quand il sera revenu à vous, donnez- 
l'cwdre: "Couché! ', et sur un ton approbateur dites- 
lui: "Bon chien!". 

Une fois que le chiot aura appris à reconnaître 
ces commandements, vous pourrez lui permettre de 
s'intéresser au bétail. Quand il aura commencé à 
garder les moutons, les poules ou les vaches, lais- 
sez-le découvrir lui-même le plaisir de travailler. Mais 
s'il éprouve quelque difficulté ou commence à vous 
embêter, donnez-lui l'ordre: "Couché!", puis, après 
une pause: "Viens!". Ne le grondez pas s'il essaie 
de s'occuper du bétail d'un façon inopportune. Em- 
menez-le plutôt et attachez-le, afin de ne pas lui 
enlever son enthousiasme au travail. 



RASSEMBLEMENT 



L'idéal pour donner au chien sa première leçon 
c'est de le faire travailler sur un groupe d'environ 
20 vieilles brebis enfermées dans un enclos. Tenant 
le chien en laisse, marchez derrière les moutons en 
les faisant tourner autour de l'enclos. Bientôt le chien 
apprendra à faire avancer le troupeau en le pressant 
d'un côté et de l'autre. Quand vous croirez que le 
chien peut s'arrêter sur commande, enlevez la laisse 
laissez-lui le plaisir de travailler en toute liberté. Ne 
lui permettez pas de devenir surexcité; en donnant 
l'ordre "Couché," ou "Viens," de temps en temps 
vous devriez pouvoir le maîtriser. Permettez-lui de 
travailler de cette façon environ 1 minutes par jour, 
puis au bout de quelques jours commencez à lui 
enseigner la droite et la gauche et votre chien aura 
tout ce qu'il faut pour devenir un bon travailleur. 



GARDE DU TROUPEAU 

Pour être en mesure de garder le troupeau, le 
chien n'a plus à apprendre que trois autres ordres: 
"Viens!", "Va!", et "Debout!", lesquels peuvent lui 
être appris alors qu'il fait tourner le troupeau autour 
de l'enclos. Quand il est allé prendre la position 3 
heures (voir diagramme), donnez l'ordre "Couché!", 
puis, prévoyant qu'il ira de la position 6 heures à 
la position 9 heures, donnez l'ordre: "Viens!", en 
appuyant sur ce mot; quand il sera rendu à la position 
9 heures, donnez l'ordre: "Couché!" de nouveau, 
et prévoyant son changement de direction, donnez 
l'ordre: "Va!", appuyant également sur ce mot. Ainsi, 
vous servez en quelque sorte de pivot à partir duquel 



45 



vous faites alterner le chien d'un côté à l'autre du 
troupeau comme un pendule, au rythme des com- 
mandements: "Va!" . . . "Couché!" . . . "Viens!" 
. . . "Couché! ", et ainsi de suite. Tôt ou tard le chien 
gagnera en courant le point 12 heures, et souvent 
il s'arrêtera sans commandement. En disant sur un 
ton encourageant: "Debout! Debout! ', on habitue 
le chien à comprendre qu'il doit conduire les moutons 
vers vous. 



A ce stade le chien met avec soin ses leçons 
en pratique, et avant d'avoir atteint la barrière de 
l'enclos, il est déjà très attentif, attendant l'ordre de 
se porter vers un flanc ou vers l'autre du troupeau. 
Pourvu qu'il ne se trompe pas, on peut envoyer le 
chien chercher les moutons à une plus grande dis- 
tance, mais il faut toujours être prêt à l'arrêter en 
criant: "Couché!", et veiller à ce qu'il ne s'habitue 
pas à bousculer les moutons. 



1 2 heures 



w*W* 




9 heures 



3 heures 




6 heures 



46 



FACTEURS DE CONVERSION VERS LE SYSTÈME MÉTRIQUE 


Unités Facteur de 






impériales conversion 


Résultat en: 


MESURES DE LONGUEUR 






pouce x 25 


millimètre 


(mm) 


pied x 30 


centimètre 


(cm) 


verge x 0,9 


mètre 


(m) 


mille x 1,6 


kilomètre 


(km) 


MESURES DE SURFACE 






pouce carré x 6,5 


centimètre carré 


(cm 2 ) 


pied carré x 0,09 


mètre carré 


(m 2 ) 


acre x 0,40 


hectare 


(ha) 


MESURES DE VOLUME 






pouce cube x 16 


centimètre cube 


(cm 3 ) 


pied cube x 28 


décimètre cube 


(dm 3 ) 


verge cube x 0,8 


mètre cube 


(m 3 ) 


once liquide x 28 


millilitre 


(mL) 


chopine x 0,57 


litre 


(L) 


pjnte x 1,1 


litre 


(L) 


gallon x 4,5 


litre 


(L) 


MESURES DE POIDS 






once x 28 


gramme 


(g) 


livre x 0,45 


kilogramme 


(kg) 


tonne courte (20001b) x 0,9 


tonne 


(t) 


MESURE DE TEMPÉRATURE 






degrés Fahrenheit (°F-32)x( 


3,56 




ou (°F-32) 


x 5/9 degrés Celsius 


(°C) 


MESURE DEPRESSION 






livre au pouce carré x 6,9 


kilopascal 


(kPa) 


MESURE DE PUISSANCE 






horsepower* x 746 


watt 


(W) 


x0,75 


kilowatt 


(kW) 


MESURES DE VITESSE 






pied à la seconde x 0,30 


mètre à la seconde 


(m/s) 


mille à l'heure x 1,6 


kilomètre à l'heure 


(km/h) 


MESURES AGRAIRES 






gallon à l'acre x 11,23 


litre à l'hectare 


(L/ha) 


pinte à l'acre x 2,8 


litre à l'hectare 


(L/ha) 


chopine à l'acre x 1,4 


litre à l'hectare 


(L/ha) 


once liquide à l'acre x 70 


millilitre à l'hectare 


(m L/ha) 


tonne à l'acre x 2,24 


tonne à l'hectare 


(t/ha) 


livre à l'acre x 1,12 


kilogramme à l'hectare 


(kg/ha) 


once à l'acre x 70 


gramme à l'hectare 


(g/ha) 


plants à l'acre x 2,47 


plants à l'hectare 


(plants/ha) 


*Le horsepower est une unité différente du cheval-vapeur. 




Le signe décimal est une virgule. 







47 



L,]8RARY / BI8LI0 



JHFQUE 



ACRICUUURE CANA^ŒT^ 

3 ^073 0003blb? 7